Les copains d’abord… selon JC Oudry.

En reprenant l’avalanche des griefs formulés à l’endroit du premier magistrat municipal de Saint-Martin de Ré dans une lettre ouverte à Mme Georgine Lafontaine, publiée sur le Meuil de Ré le 5 février 2006 sous la signature de JC OUDRY, une phrase lourde de sens avait retenu tout particulièrement mon attention :

“Cessez d’engager les copains des copines aux quatre coins de la France (Reims, Nantes, Lyon, etc.) et confiez ce travail aux jeunes de l’île aux mêmes tarifs exorbitants.”

De prime abord, l’accusation semble très grave, mais en relisant, je comprends vite que je manque singulièrement d’éléments d’appréciation.

Alors qu’en est-il exactement et de quels emplois pouvait-il s’agir ?
Lé encore, j’ai voulu faire ma petite enquête personnelle et voici les informations que j’ai pu recueillir.

Mme Simona E. a été recrutée par la ville de Saint-Martin dans le cadre d’un contrat de droit public d’une durée d’un an. Elle est chargée du montage du projet culturel pour le musée Ernest Cognacq.
A ce titre, elle assurera la mise en place des nouveaux services et activités du musée et elle participera à la réalisation de l’exposition temporaire dont l’inauguration est prévu en septembre 2006.
A noter que cette employée est titulaire d’un Master spécialisé européen de management des entreprises culturelles, diplôme hautement spécialisé en relation avec la mission confiée et les fonctions exercées.

M. Guillaume C. est un étudiant en stage à la Ville de Saint-Martin de Ré pour une durée de 7 mois. Il a en charge la lourde responsabilité de porter l’élaboration du volet historique et scientifique du dossier d’inscription des fortifications de Saint-Martin de Ré au patrimoine mondial de l’UNESCO, dans le cadre des sites du réseau Vauban. Il est également chargé d’étudier et de préparer la création éventuelle d’un service du patrimoine.
Inscrit en Master d’histoire 2éme année spécialisée en histoire de l’architecture militaire à l’université de La Rochelle, il travaille sous la direction de M. Nicolas FAUCHERE, Historien de la Fortification, Maître de conférences à la Faculté de La Rochelle et qui fait autorité en la matière.

Céline R. est aussi une étudiante en Master d’histoire 2éme année. Elle est également en stage pour une durée de 7 mois. Elle est en charge du fond cartographique de la ville, nécessaire pour alimenter le contenu de l’exposition permanente du musée en référence à l’histoire et au patrimoine bâti de Saint-Martin de Ré.

Sylvain L. est lui aussi étudiant en stage d’une durée de 6 mois. Il est chargé de réaliser une étude touristique et culturelle sur le patrimoine bâti et non bâti et les espaces urbains.
Ce stagiaire est en dernière année d’ingénieur en génie des systèmes urbains à l’université de Compiégne, plus particulièrement spécialisé dans les espaces culturels et urbains.

Alors ceci appelle nécessairement quelques observations et brefs commentaires de ma part :

Tout d’abord, “les emplois” dont il s’agit se résument en réalité :

1°) A un seul emploi d’agent contractuel, parfaitement justifié par les besoins actuels de la collectivité, la nature des fonctions exercées et ce recrutement est évidemment en parfaite conformité avec la loi du 26 janvier 1984 portant dispositions statutaires relatives à la fonction publique territoriale.

2°) A trois stages d’application d’étudiants pour lesquels la commune est libre d’apporter ou non une gratification limitée. Rappelons à cet égard que l’article 2 de la loi pour l’égalité des chances tend à clarifier la situation et à réparer l’injustice faite aux étudiants stagiaires en entreprise.
Pour l’heure, dans l’attente du décret d’application de cet article 2 c’est le vide juridique ou plutôt la convention de stage qui régit le sort des stagiaires étudiants en entreprise.
Rares en effet sont les entreprises ou collectivités qui payent des gratifications, même limitées, ou qui accordent des facilités (comme l’hébergement) à leurs stagiaires. La ville de Saint-Martin de Ré le fait et je crois qu’elle a raison de le faire eu égard à l’importance et à la qualité du travail fourni par ces étudiants.

3°) Pour ces quatre emplois, la qualification des personnes excluait manifestement par avance tout recrutement exclusivement local.

4°) Tous ces emplois s’inscrivent à l’évidence dans une démarche patrimoniale d’ensemble qui ne me semble pas relever de l’improvisation, bien au contraire.

En d’autres termes et pour ce qui me concerne, mais cette fois sans aucune réserve, j’estime que les accusations portées par JC Oudry concernant ces emplois ne résistent pas un instant à l’examen des faits et qu’elles sont, au surplus, franchement imbéciles et outrancières.

Je relève en effet que ses propos ont du même coup également porté atteinte à l’honneur de ces personnes et que les écrits de M. Oudry sont à cet égard éminemment condamnables. J’ajouterai, à titre personnel, particulièrement méprisables et je pèse mes mots.

Chacun en tirera les conclusions qu’il jugera utiles pour son propre compte. En tout cas ce sont les miennes.

Je persiste et je signe.
Richard Auger (Marcus)

7 réponses à “Les copains d’abord… selon JC Oudry.”

  1. zablo dit :
    Pour approfondir la question du vide juridique soulign?© par Marcus :

    g?©n?©ration pr?©caire

    Le 13 avril, G?©n?©ration-Pr?©caire publie un recueil de t?©moignages intitul?© “Sois stage et tais-toi ! Pour en finir avec l‚Äôexploitation des stagiaires”.

    Ces t?©moignages issus de l‚Äôappel publi?© sur le site (4000 r?©ponses !) font voler en ?©clat le tabou des stages abusifs en proposant de d?©couvrir la condition de tous ceux qui ?©taient rest?©s jusqu‚Äô?† ce jour dans un mutisme frappant.

    ?Ä travers un parcours th?©matique - de l‚Äôoffre de stage abusive ?† l‚Äôimpasse de l‚Äôapr?®s-stage -, des analyses et de tr?®s nombreux t?©moignages viennent ?©clairer cette situation scandaleuse. L‚Äôoccasion aussi d‚Äôinterpeller ici les responsables politiques, syndicaux, universitaires ainsi que les entreprises, en leur soumettant quelques propositions…

  2. beyouk dit :

    OK pour les emplois, mais qu’en est-il des sous-traitants ?
    cf : charte graphique ?† 14100 ‚Ǩ confi?©e ?† un illustre inconnu lyonnais ??
    Personne de comp?©tent dans l’?Æle, soit, et La Rochelle ??

  3. zablo dit :

    Effectivement, cette question pr?©cise qui a d?©j?† fait ronfler les claviers m?©rite une contre-enqu?™te soign?©e de Marcus. Depuis le temps qu’on en parle personne n’a r?©ussi ?† d?©crire pr?©cis?©ment ce qui a fait l’objet du contrat . Pour ma part, j’ai le sentiment que cet en-t?™te charte graphique recouvre ?† la fois un travail de documentaliste et un travail graphique proprement dit. Quand Marcus nous en aura dit plus, il sera alors possible de v?©rifier si les comp?©tences existaient ou non sur l’Ile et si, ?©ventuellement, la municipalit?© a manqu?© de patriotisme ?©conomique ;-)

  4. marcus dit :

    Tiens donc ! Une enqu?™te sur commission rogatoire du juge zablo apr?®s constituton de partie civile de beyouk ? ;-)

    Dites donc les amis, vous pourriez aussi bien aller ?† la mairie de Saint-Martin de R?© pour vous renseigner.
    Mais bon, puisque vous insistez, je veux bien aller au charbon une fois de plus.
    Ne serait-ce que parce que cela t?©moigne de l’int?©r?™t que vous avez port?© ?† ces deux premi?®res mises au point.

    Alors sur cette question dont j’ignore tout, une premi?®re r?©flexion liminaire de port?©e g?©n?©rale m’est sugg?©r?©e ?† propos de la notion de “patritotisme ?©conomique” ?©voqu?© par zablo. En effet, le choix de l‚Äôentreprise fond?© sur le crit?®re de proximit?© : “localisme”, peut, le cas ?©ch?©ant, caract?©riser le d?©lit d’octroi d’avantage injustifi?© par exemple si son offre n’appara?Æt pas la plus int?©ressante au regard des crit?®res du code des march?©s publics.
    Comme je l’ai dit plus haut, ceci n’est qu’une simple observation pr?©alable de port?©e g?©n?©rale.

  5. elcab dit :

    Je n’ai jamais compris l’acharnement que met JC ?† tenter de d?©molir les municipalit?©s en place et singuli?®rement celle de St Martin.
    Je sais bien que son dada c’est de rechercher et de d?©noncer les gaspillages et autres turpitudes des ?©lus.
    Si la d?©marche semble louable, tous les titres fracassanrts de ses articles sont racoleurs ?† souhait et les opposants peuvent s’en d?©lecter et ?©crire tout et n’importe quoi.

    A titre personnel je n’ai jamais ?©crit quoi que ce soit sur les municipalit?©s car losque l’on n’a pas les preuves il vaut mieux faire abstraction de tout ce qui pourrait ?™tre susceptible de poursuites pour diffamation.

    Les contre enqu?™tes que m?®ne actuellement Marcus pourront je l’esp?®re nous ?©clairer d’une mani?®re beaucoup plus objective.

  6. panicaut dit :

    Je voudrais juste pr?©ciser (y ?©tant confront?© r?©guli?®rement dans l’h?¥pital o?? je travaille en tant que responsable des march?©s) que les achats publics sont soumis ?† des proc?©dures organis?©es par le code des march?©s publics (celui-ci doit changer en 2006). Il y a notamment la prise en compte de seuils financiers desquels d?©coulent des proc?©dures bien particuli?®res. En fonction de ces proc?©dures il y a diff?©rents niveau de publication (journal sp?©cialis?©, bulletin national des marches publics, communaut?© europeene). Les grands principes des achats publics sont ?©galit?© des chances entre les candidats, transparence des proc?©dures, d?©finition du besoin et estimation financi?®re du besoin, et assurer la plus large publication. Je ne rentrerais pas plus en d?©tail dans les proc?©dures mais je voulais simplement pr?©ciser qu’il est difficile (?† moins de se mettre hors la loi) de pouvoir choisir une entreprise en fonction de crit?®res non objectifs et n’ayant pas de rapports directs avec l’objet de l’achat.

  7. marcus dit :

    panicaut a dit : (5 avril 2006 ?† 16:24)

    Je voudrais juste pr?©ciser (y ?©tant confront?© r?©guli?®rement dans l‚Äôh?¥pital o?? je travaille en tant que responsable des march?©s) que les achats publics sont soumis ?† des proc?©dures organis?©es par le code des march?©s publics (celui-ci doit changer en 2006).

    Merci Panicaut, tout ceci est parfaitement exact et formul?© tr?®s clairement !
    Je voudrais dire aussi que les changements perp?©tuels de la r?©glementation du code des march?©s publics (tr?®s largement sous l’influence du droit communautaire europ?©en) conduisent parfois les candidats et les acheteurs publics ?† s’?©garer dans les proc?©dures o?? les uns et les autres finissent quelquefois par perdre de vue l’essentiel, que vous avez d’ailleurs tr?®s bien rappel?©.
    Comme souvent en pareil cas, c’est dans un esprit de simplification ;-) , de clarification ou d’ajustement‚Ķ que ces modifications interviennent (citons par exemple l’instabilit?© chronique des seuils financiers).