Sandrine ouvre le débat sur la rénovation de notre démocratie locale

A propos de la nécessaire rénovation de notre démocratie locale, saisissant la balle au bond sur l’un de ses commentaires, j’interrogeais Sandrine Paringaux en ces termes :

“En allant du général au particulier et tout en restant dans le cadre institutionnel existant, que faudrait-il entreprendre, selon toi qui le vit de l’intérieur, pour améliorer notre démocratie locale, tant sur un plan intercommunal (puisque tu sièges à la CDC), que sur le plan communal à Saint-Martin de Ré en particulier (où tu es adjointe au Maire) ?
Quels sont les points de blocage et les difficultés que tu as pu identifier et que proposerais-tu de manière simple et pragmatique pour y remédier ?”

Sa réponse n’a pas tardé et il y a vraiment matière à réflexion.

Aujourd’hui en règle générale beaucoup sont ceux qui s’interrogent sur l’exercice de la politique. Dans ce sens il est agréable de constater que Sandrine s’interroge fortement et se situe également dans ce questionnement.

Voilà ses réponses.

Je propose de poursuivre le débat ici même à la suite du présent article (faire retour page précédente pour revenir à cet article après avoir lu les commentaires).

Merci Sandrine pour cette contribution.

Richard Auger (Marcus)

27 réponses à “Sandrine ouvre le débat sur la rénovation de notre démocratie locale”

  1. fripouille dit :

    Qui osera encore écrire ( ici ou ailleurs….) que tous les élus Rétais sont des “benit-oui-oui”
    Mes respects Madame !

  2. marcus dit :

    “Ailleurs”… ? :)

    C’est précisément un endroit que je connais bien. J’en accepte l’augure mais je ne me fais guère d’illusions. ;)

    Pour alimenter la réflexion sur le thème du renouvellement de la démocratie locale, voici la liste des Liste des publications et communications de Michel Koebel, maître de conférences (sociologie) à l’UFR-STAPS de l’Université de Reims Champagne Ardenne.

    http://perso.wanadoo.fr/koebel/ListePubli.htm#Doc12

  3. zablo dit :

    A la relecture (et tout en restant parfaitement d’accord sur ce qui a été écrit par Sandrine), il me semble qu’une dimension proprement martinaise a été oubliée dès l’introduction / identification des deux points de faillite actuelle.

    Je cite : une faible appropriation de ses droits et devoirs par le citoyen […] une appropriation inversement proportionnelle de la chose publique par les élus (tradition du cumul chronologique et territorial des mandats - relation fusionnelle entre élus et administration, les premiers étant souvent issus de la seconde).

    Sur l’appropriation de la chose publique par les élus, il y a ici effectivement cumul des mandats comme ailleurs en France. Mais la situation martinaise, sur fond de spéculation économique très spécifique é la commune (y compris en comparaison avec les autres communes rétaises), a créé une forme de cumul très pesant, celui des intérêts particuliers enchevêtrés.

    Naturellement il y a souvent et partout contradiction entre l’intérêt individuel et l’intérêt commun. C’est bien le sujet central que le politique doit habituellement résoudre. Mais é Saint-Martin, pour cause d’enjeux économiques assez considérables en proportion, nous sommes au-delà de l’habituel. Chacun ressent profondément la paralysie qui, depuis plusieurs mandats déjà, a gagné les équipes municipales. Celles-ci donnent é la population le spectacle permanent du je te tiens, tu me tiens par la barbichette. Entendons-nous bien, je ne dénonce pas, je ne suis ni juge, ni procureur ; je parle d’un spectacle public auquel nous assistons tous.

    Je souscris é toutes les solutions avancées par Sandrine mais pour qu’elles soient mises en œuvre, il faudra au préalable tourner la page. Un renouvellement en profondeur du personnel politique de Saint-Martin est devenu indispensable pour ceux qui souhaitent que le spectacle cesse enfin.

    Alors : une nouvelle génération d’élus et d’électeurs : encore un peu de travail et nous devrions bien y parvenir.
    (en l’espèce quand je souligne génération, c’est une formule de style ; je ne parle pas de l’âge des uns et des autres)

  4. anguille dit :

    Un problème que n’a pas évoqué Sandrine est la collusion entre les intérêts privés et l’intérêt général, c’est pourtant un problème central dans le fonctionnement de la politique locale.

  5. marcus dit :

    A la lumière de l’expérience Rivedousaise, je me demande au fond si l’axe central d’une démarche globale tendant é :

    - impliquer davantage des citoyens dans les affaires communales ;
    - améliorer le fonctionnement interne du conseil municipal ;
    - rapprocher les uns et les autres ;

    ne serait pas tout simplement la pédagogie, é l’égard des administrés et é l’égard des élus.

    Enfin, tout simplement…, c’est vite dit. Lé encore c’est quelque chose qui ne s’improvise pas.

    Il y a nécessairement besoin d’un savoir faire, c’est une qualité plus rare que le faire savoir qui est aussi une qualité bien utile mais assez généralement répandue. L’idéal étant de disposer des deux.

    Mais, je m’interroge tout de même sur les tendances lourdes du “pouvoir municipal” et de sa perception par le public é travers le seul qui compte é ses yeux : le maire.

    A l’issue de la réunion publique de Rivedoux du 20 avril 2006, un citoyen tout ému s’est exclamé é l’endroit de Patrice Raffarin seul en scène : “Monsieur le Maire, bravo, nous vous soutenons !”

    A n’en pas douter, l’intervention pleine de sincérité de cet administré n’était pas téléguidée. Au delà de l’adhésion é une méthode, sinon é une politique, on voit bien é quel point nos concitoyens du XXIe siècle sont toujours profondément monarchistes dans leur rapport é la gouvernance et combien ils ont tendance, consciemment ou pas, é favoriser cette représentation incarnée du pouvoir.

  6. marcus dit :

    Je trouve un peu osé de suggérer que Sandrine, qui serait ainsi, é vous lire, au contact d’une réalité martinaise que certains dénoncent, pourrait sinon devrait elle-même porter le fer dans la plaie, lé o?? tant d’autres - hommes libres bien é l’abri - n’en parlent qu’à mots couverts en rasant bien souvent les murs.

    zablo : “la situation martinaise, sur fond de spéculation économique très spécifique é la commune (y compris en comparaison avec les autres communes rétaises), a créé une forme de cumul très pesant, celui des intérêts particuliers enchevêtrés.”

    anguille : “Un problème que n’a pas évoqué Sandrine est la collusion entre les intérêts privés et l’intérêt général, c’est pourtant un problème central dans le fonctionnement de la politique locale.”

    Sans doute, mais c’est partout pareil, é des degrés divers !

    Notons tout d’abord que si l’intérêt général coïncide avec les intérêts privés, ma foi on ne peut que s’en réjouir. Cela s’appelle joindre l’utile é l’agréable.

    En revanche, si l’intérêt général s’incline systématiquement devant les intérêts bien compris de quelques uns, il y a problème en effet. Enfin, il y a problème si, et seulement si, le bon droit est du côté de la collectivité.

    En effet, même si l’intérêt général d’une décision est clairement identifié, la seule volonté politique ne peut justifier tous les comportements.

    Les hommes sont les hommes. Hormis la limitation du nombre de réélections (mesure du domaine de la loi) qui serait le plus sûr moyen de renouveler le personnel politique ou l’élection des seuls candidats exempts d’intérêts, patrimoniaux, économiques et issus de l’assistance publique pour éviter qu’ils ne soient porteurs des intérêts familiaux et que sais-je encore, je ne vois pas vraiment de solution é cette question préjudicielle.

    Le large renouvellement auquel fait référence zablo est du seul bon vouloir des électeurs.

    zablo : “(en l’espèce quand je souligne génération, c’est une formule de style ; je ne parle pas de l’âge des uns et des autres)”
    Mais bien entendu, cela va s’en dire…, sur les quais. ;-)

  7. zablo dit :

    Tu (marcus) dis : c’est partout pareil, à des degrés divers !. Bien sûr, pas de quoi hurler aux flammes de l’enfer. Mais la réalité économique et spéculative de Saint-Martin est telle qu’en l’absence de limitation par la loi à deux mandats successifs à des postes de maire ou d’adjoint, il est nécessaire d’en faire un simple règle de savoir-vivre démocratique pour éviter toute suspicion. Voilé une ligne de partage bien ancrée dans la réalité de la commune sur laquelle, effectivement, j’espère que certains sauront solliciter le moment venu le bon vouloir des électeurs.

    ps : j’espère que l’impression hommes libres, bien à l’abri égal ‘’ zablo + anguille ‘’, n’est qu’un désastreux effet de mise en page ;-)

  8. marcus dit :

    Une “règle de savoir vivre démocratique” ne pèsera sans doute pas bien lourd face é la tentation de poursuivre “son” œuvre au service de la collectivité. D’autant moins lourd d’ailleurs que la population avance en âge, que l’âge du candidat est toujours relatif à celui de l’électeur, et que la tentation monarchiste de ces derniers produit sans doute plus de sollicitations en direction des sortants, ainsi que des réflexes légitimistes dans les urnes, qu’elle n’éclaire véritablement la nécessité d’un renouvellement régulier des membres des conseils municipaux. Mais admettons.

    Pour le post scriptum… je précise : ” zablo + anguille ” “notamment”.
    Et je ne parle même pas du parti de la trouille qui peuple les bistrots de la capitale rétaise. Mais parlons plus bas, car on pourrait bien nous entendre… ;-)

    Ceci dit, le renouvellement des conseils est une chose, leur fonctionnement interne en est une autre et j’espère que le débat ne se focalisera pas sur cette seule question du renouvellement, ni sur les “spécificités Martinaises”. Il y a en effet, dans les propos de Sandrine bien d’autres points é considérer.

  9. zablo dit :

    Oh ! tout de même… dissocier les deux problèmes (renouvellement, fonctionnement) me semble déraisonnable, sauf à imaginer (ce qui ne serait pas très pragmatique, n’est-ce-pas ?) que les mêmes causes ne produisent pas les mêmes effets.

    Quoiqu’il en soit, toutes ces questions méritent de réfléchir en parallèle au fondement de ce que pourrait être une intelligence collective dans ce pays de connaissances. Ca tombe bien, j’ai sur ce thème quelques extraits d’une conférence produite par l’une de mes idoles, Michel Authier, et qui embrasse en 2 fois 9 minutes l’ensemble des problèmes que nous venons de poser. J’ai pas voulu vous fatiguer avec un philosophe, cette fois-ci je vous propose un mathématicien. Ce proche de Michel Serres est sans aucun doute l’un des esprits les plus productifs de ce temps sur ces questions. J’ai eu le bonheur de le côtoyer il y a dix ans déjà. Je dis : total respect !

  10. sandrine paringaux dit :

    Quelques lignes pour répondre aux commentaires relatifs à la collusion entre intérêts privés et intérêt général.

    Si je n’en parle pas c’est parce que, comme Marcus, je pense que l’homme étant ce qu’il est, son intérêt personnel fait partie intégrante de son action : c’est même l’un de ses moteurs.

    Cet intérêt peut être multiple : besoin de reconnaissance ou d’action, appétit pour le pouvoir, défense de son identité (sociale, économique, familiale, culturelle, territoriale…), désir de faire partager (gagner ?) ses points de vue, ses idées, ses solutions…

    Tout le paradoxe (et la difficulté) de l’élu est donc qu’il doit, dans le débat, apporter au groupe ce qu’il est : sa connaissance comme dirait l’excellent Michel Authier (Merci Zablo si tu en as d’autres comme celui lé, ne les cache plus) et dans la décision se référer uniquement à l’intérêt général. C’est l’exercice difficile de la délibération (débat-décision).

    Cela dit la vie politique (à tous les échelons, dans tous les pays et dans toute l’histoire) nous montre effectivement que d’aucuns profitent de leurs mandats pour leur compte très personnel.

    Contre cela, les moyens peuvent être :
    - juridiques : la limitation des mandats dans l’espace et dans le temps serait de ce point de vue lé un outil intéressant de prévention des risques,
    - et politiques : le vote sanction (mais ces élus savent se montrer efficaces donc appréciés) ; l’implication quotidienne du plus grand nombre dans le suivi de la vie publique par le biais des associations mais aussi effectivement des blogs, de la presse, de réunions ; mais aussi et peut-être surtout le retour non pas uniquement vers les urnes mais vers les candidatures d’un plus grand nombre de citoyens désintéressés.
    D’où effectivement la remarque fort intéressante de Marcus sur la nécessité d’une nouvelle pédagogie de l’administré, du citoyen, de l’électeur, de l’élu sur ” la dynamique démocratique”.

    PS : Zablo : pourrais tu m’indiquer l’adresse du site de la conférence de Langres. J’aimerais bien visionner d’autres interventions si c’est possible.

  11. zablo dit :

    Les extraits de Langres proviennent du site de Trivium, la société dont Michel est le fondateur et le responsable scientifique. A la Une du site tu trouveras aussi l’enregistrement de l’intervention de Michel Serres et puis une série de liens utiles.

    Il faut savoir que cette réflexion a commencé au début des années 90 quand Edith Cresson avait mandaté Michel Serres pour qu’il réfléchisse sur ce que devrait être le rôle et le fonctionnement de l’Université au XXIe siècle. Le philosophe s’est associé alors à un mathématicien (Michel Authier) et à un autre philosophe (Pierre Lévy) dont les réponses à la question Qu’est-ce que le virtuel ? sont aussi bien utiles pour se repérer.

    Du rapport de Michel Serres sont sortis le concept des Arbres de Connaissances et un algorithme conçu par Michel Authier pour faire tourner sur un ordinateur un système de représentation, une cartographie, des connaissances. C’est ce que Trivium vend aujourd’hui sous la marque Seek-E et je t’engage amicalement à lire le chapitre qui est consacré aux applications dans le domaine des collectivités territoriales

    Pour la petite histoire, beaucoup de personnes avec lesquelles je travaille aujourd’hui se sont rencontrées autour des Arbres de Connaissance et se sont passionnés pour ces réflexions : Henri Guéguen, co-fondateur de RadioPhare, par exemple ou encore Olivier Auber (également à l’origine de RadioPhare) dont j’avais cité le travail sur le Meuil (avant de me faire virer) sous le titre Un musée dans la ville à propos de sa mise en œuvre du musée de la Ville de Worms en Allemagne.

    Il existe aussi une association, Arbor et Sens qui est en quelque sorte le réseau des expérimentateurs du concept et puis finalement, en dix ans, ce sont de multiples démarches qui ont été nourries par ce travail original aux multiples facettes.

    Une dernière référence incontournable à placer dans toute bibliothèque qui se respecte, le livre de Michel Authier : Pays de Connaissances (8 € d’occasion, une affaire ! ;-)

    Pays de Connaissances

  12. marcus dit :

    Excellent choix cette peinture italienne du XVe pour illustrer la couverture !

    “Portrait d’un vieillard et d’un jeune garçon”
    (1490) - Domenico Ghirlandaio - (Louvre - aile Denon).

    L’idée de beauté est étroitement liée à l’art. L’œuvre montre ce qu’il y
    a derrière l’image. Une personne laide, visiblement désagréable ou
    effrayante devient par cette opération magique un beau portrait. Toute
    l’émotion, la tendresse qu’exprime ce tableau de Ghirlandaio émanent
    du regard qu’échangent l’enfant et le vieil homme au nez bourgeonnant.

    Pour rester dans le débat, en forçant le trait (?) je suggère une lecture détournée de cette œuvre :

    Au conseil, l’ancien bienveillant accueille avec tendresse le benjamin de l’assemblée, ex-président du conseil des enfants… juste avant d’étouffer ce petit arriviste.
    Qui sait ? il pourrait bien, un jour prochain, vouloir lui piquer sa place.

    Parmi les maximes politiques que je préfère, je vous livre celle-ci :
    “On remplace un incapable mais c’est un intriguant qui vous succède.” :)

  13. zablo dit :

    Joli ! J’en profite pour placer une citation de Michel Serres (plus ou moins précisément) : la science c’est ce que les vieux apprennent aux jeunes, la tehnologie ce que les jeunes apprennent aux vieux.

  14. marcus dit :

    Je te vois venir Olivier, avec ta technologie et ton village rétais Ainsi donc tu veux recycler les élus et les convertir de gré ou de force aux NTIC.
    Sûr que sacrum va en perdre le sommeil.

  15. zablo dit :

    C’est drôle, mais justement l’enjeu c’est de briser les barreaux et ce village là risque vite d’être plus peuplé que l’original ;-)

    ps : je n’ai pas d’objectifs particuliers sur les élus… en tous cas pas d’objectifs limités aux élus ; c’est la vie locale en général qui m’intéresse, et précisément ce que devient le local, la proximité, dans un monde qui a changé d’échelle.

  16. sandrine paringaux dit :

    Marcus
    il n’empêche que d’assister à l’intervention de Michel Serres, c’est que du bonheur. Marcus, je sais pas si tu as pris les quelques minutes mais cela vaut le coup. Ecoute notamment l’extrait relatif aux technologies…

  17. marcus dit :

    Reçu cinq sur cinq…, numéro 2 ;-)

    Pour en revenir à notre débat, j’essaye d’identifier sur un plan général, les motivations des candidats ?

    - Intérêt et ou curiosité pour la chose publique ;
    - volonté de servir les autres et de leur consacrer du temps (le plus souvent bénévolement - simples conseillers) ;
    - volonté de mettre en œuvres des aptitudes, des savoirs ;
    - adhésion plus ou moins spontanée à un groupe (une équipe) plus simplement à une personne, un ami qui vous sollicite, hasard, rencontre, opportunité ;
    - volonté de participer à, voire de maîtriser l’élaboration des décisions de la collectivité qui affectent la sphère privée (propriétaire, acteur économique dans la cité) ;
    - affirmation d’une légitimité insulaire : “je suis natif d’ici,” “c’est mon village, mon élu” ;
    - mise en valeur de sa propre personne à travers une fonction politique (considération) ;
    - autres ?

  18. marcus dit :

    sandrine paringaux dit :
    24 avril 2006 à 23:27 m
    “Marcus, je sais pas si tu as pris les quelques minutes mais cela vaut le coup. Ecoute notamment l’extrait relatif aux technologies…”

    J’ai visionné la conférence de Michel Serres. C’est vrai que le bonhomme est captivant.

  19. zablo dit :

    Non Marcus celle que je t’avais faite passer c’est celle de Michel Serres fin 2005 à l’école polytechnique qui est aussi magique à voir par là en video en suivant ce lien ou à écouter directement sur le blog de marcus ci-dessous :

  20. marcus dit :

    Pedro el diablo a dit (ailleurs) : Moi je veux bien mais prés de 40 post échangés pour en arriver à ça : quelques diptéres ont du souffrir au passage !

    Alors si on veut intéresser la Population il faut changer de registre et, puisque nous sommes d’accord sur la façon de faire, aucune dérive comportementale ne sera possible pour entraver notre action. Mais pour faire quoi au fait ? Zablo c’est pour aujourd’hui o?? pour demain ce wiki ?
    ———————————————————————

    Précisément et à ton avis, quels sont les points de blocage et comment, en tenant compte des évolutions technologiques, sociologiques etc., pourrait-on contribuer à mettre de l’huile dans les rouages d’une machine institutionnelle pourtant bien rodée, la commune et son maire, auxquels les français sont particulièrement attachés ?

  21. marcus dit :

    Je vais essayer de préciser ma pensée.

    Les objectifs seraient plutôt selon moi :

    1 - d’améliorer si besoin était ;) le fonctionnement interne du conseil municipal et il s’agit sans doute pour une large part d’un problème de management et de communication interne que l’on devrait retrouver dans d’autres entreprises, avec toutefois ce double clivage souvent induit par les fonctions et la place prépondérante du maire dans le dispositif :
    - a) clivage maire / adjoints ;
    - b) clivage municipalité (maire + adjoints) / conseillers municipaux.

    2 - de redonner, toujours si besoin était ;) du lustre et de l’intérêt à la chose publique, en s’efforçant de rapprocher les citoyens des affaires qui les concernent. Dans cette perspective, je lance quelques pistes de réflexion :

    - les élus craignent-ils “la société civile” dont ils sont issus ?
    - Existerait-t-il un accord implicite pour se satisfaire d’un rendez-vous (adhésion / sanction) tous les six (voire même sept) ans, rendez-vous finalement bien commode pour tout le monde ?

    En sens contraire :
    - Faut-il développer les comités consultatifs à l’appui des commissions municipales ?
    - Quel emploi pour le référendum d’initiative locale ?
    - Quelle communication municipale (forme et contenu) pour rendre les sujets intéressants ?
    - Comment donner de la lisibilité aux actions menées par les élus dans le cadre du mandat qui leur a été confié par les électeurs ?
    - Cent vingt-deux ans après la loi municpale de 1884, une pédagogie de la démocratie locale est-elle à réinventer ?
    - Les réunions publiques : une vielle méthode républicaine au service une communication moderne (l’exemple de Rivedoux) ?
    - Au delà du site web, quels nouveaux outils avec les NTIC et à quels coûts ?
    - Quelle est la place du débat public (au sens large) sur l’île de Ré et qui en seront demain les animateurs : les élus, le comité de développement issu d’une démocratie participative institutionnalisée, la presse, les blogueurs ?
    …/…
    Les sujets ne manquent pas. Si certains d’entre vous veulent se les approprier pour creuser la question, ils seront les bienvenus.

  22. Pedro el Diablo dit :

    Les thèmes de réflexion soulevés par Marcus me paraissent très intéressant et au delà des questions de fond qui sont soulevées je voudrai évoquer les questions de forme.

    Je me permettrai de vous livrer ma modeste expérience Associative puisque j’ai la charge, en tant que Président, d’un club de 130 ans et + de 1100 membres. Une petite commune quoi, sur 3 HA, avec sa voirie, son école…et ses emmerdeurs.

    Nous tenions ce WE notre AG annuelle avec un projet d’investissement de 500.000 et un emprunt de 450.000 à faire voter (75% du budget annuel du club). Plus de 250 personnes sont restées réunies pendant 3 heures pour en débattre un dimanche après midi au lieu de profiter des premiers soleils.

    Mon sentiment est que le succès recueilli sur cette question a tenu comme le suggère Marcus :

    - à l’absence total de crainte d’inévitables contradicteurs (sans aucun machiavélisme, lorsque le dossier est bien préparé ils sont même le meilleur point d’appui pour convaincre les indécis).
    - à la préparation du projet par une commission représentative de la composition des sociétaires, indépendante du bureau de l’association, qui s’était contenté pour sa part d’exprimer le cahier des charges.
    - à la transparence des rapports sur les actions passées des élus de l’association, ce qui rassure forcément sur le mode de gestion futur du projet en discussion.
    - à l’effort de pédagogie et de forme dans la présentation faite aux sociétaires (Power point c’est quand même pas fait pour les chiens. Pourquoi ne pas l’utiliser en support des réunion de Conseil municipal, celé éviterait bien souvent les dérapages soporifiques et/o?? bordéliques). En d’autres termes il n’ont pas le sentiment d’être pris pour des “cochons de votant”

    Tout ceci pour dire qu’au delà des débats, passionnants au demeurant, sur ce qu’est la démocratie, comment ça marche et tout et tout, il me paraîtrait intéressant d’essayer de bâtir une charte de la communication institutionnelle fixant autant la nature des exposés à produire, que le média, les supports, la périodicité, etc…

    C’est pas pragmatique ça ?

  23. zablo dit :

    J’entends bien et je crois moi aussi que la démocratie a besoin entre autre de nouvelles mises en scène. L’expression n’est pas provocante, j’en avais fait le centre d’une intervention lors du 4éme Forum mondial de la démocratie électronique

    Donc d’accord avec Pedro à 100%… Par contre je me demande s’il ne serait pas raisonnable de changer le titre de ce blog (Prospective Territoriale) car je sens qu’il y a un quiproquo puisque, majoritairement, il y a justement une tendance naturelle à vouloir laisser la prospective en arrière-plan pour des considérations plus pragmatiques. Pourquoi pas ? C’est une échelle tout aussi intéressante. Mais qui trop embrasse mal étreint et il me semble que Powerpoint est tout sauf un outil de Prospective. En plus à l’horizon habituel de ce que l’on appelle la prospective (20 ans minimum), PowerPoint aura achevé depuis longtemps sa course. ;-)

    Guy Loinger (sur le site Développement Local : Je voudrais insister sur le fait que la prospective, c’est avant tout un détour par le futur, les futurs possibles, pour penser le présent : c’est un mécanisme de la pensée qui consiste à se tourner vers l’avenir pour réfléchir sur l’actuel, le contemporain, et parfois même l’immédiat : ce contournement du présent par le futur permet de poser autrement les problèmes de l’instant t

    Vous excuserez l’anecdote mais j’étais à l’origine membre du conseil éditorial du site sur lequel s’exprime Guy Loinger, avec Jacques Chatignoux - Olivier Frérot - André Joyal. Juste pour dire que j’ai quelque entraînement sur le sens du mot Prospective (on visitera aussi utilement le RadioPhare d’Antioche créé pour l’Université d’Eté de la Prospective Territoriale à Rochefort en 2001).

    Bon, ça fait un peu argument d’autorité tout cela mais je sens tout de même que le Blog de Marcus a un léger problème avec son titre et qu’il serait intéressant que Marcus affirme plus nettement dans ledit titre la logique éditoriale du site qui me semble devoir être plutôt du registre de ce que Pedro synthétise justement ci-dessus que d’une réflexion prospective au sens propre. Par exemple :

    Titre : Le Blog de Marcus
    sous titre : du bon usage des institutions rétaises.

    Car, vous le savez tous : Les mots sont importants.

    lire aussi :

    Dictionnaire Français / Citoyen-Solidaire

    et en avant goût, un exemple de définition du mot PROJET :

    projet : la culture du projet est au fondement de la citoyenneté. Très généralement présenté sous forme d’un transparent, il exige l’apprentissage préalable de l’utilisation du logiciel Powerpoint. Les projets les plus en phase avec les impératifs de mobilisation des énergies créatrices citoyennes ne doivent pas dépasser les 50 mots qui seront mis en page en corps 25.

  24. marcus dit :

    Le titre ? J’achète ! C’est fait.

    Du coup Pedro tu peux retourner sur wikipedia :)

    Pedro el Diablo a raison d’évoquer les méthodes de travail, en particulier l’aspect technique des présentations pour rendre l’exposé intelligible et attrayant. Cet aspect est trop souvent négligé. Cela rend les réunions fastidieuses d’autant que les ordres du jour sont chargés.

    Dans les conseils municipaux, si ce n’est dans l’administration municipale elle-même, il y a toujours des personnes ressources qui maîtrisent bien la chose et qui peuvent assister le maire dans cette démarche de mise en forme et de présentation synthétique d’un contenu qui incombera en toutes hypothèses à la sphère du politique.

    Pedro, évoque l’idée d’une charte de la communication institutionnelle à laquelle je souscris personnellement. Je pense que pour la bâtir, il serait opportun de ne pas le faire dans l’abstrait mais de l’élaborer à l’échelle d’une commune en particulier et en relation avec les élus. Je ne sais pas ce que Sandrine en pense et si elle serait éventuellement prête ainsi que son Maire, Mme Lafontaine, à participer à une expérience de cette nature à Saint-Martin ?

    Dans ce contexte de terrain plus opérationnel, il serait alors possible d’avancer quelques pistes, de commencer à les tester et ensuite de pouvoir les formaliser dans une charte qui pourrait utilement être transposée et adaptée ailleurs, après avoir été “validée sur le terrain” à titre expérimental à Saint-Martin.

    Ce serait d’autant plus intéressant que la recherche d’autres modalités de communication interne est sans doute une priorité qui n’échappe plus à personne, chacun devant aussi faire sa part d’effort pour aller vers l’autre.

  25. Pedro el Diablo dit :

    Le nouveau titre et l’orientation qu’il suggère sont top ! Vive Zablo l’homme concept…

    Marcus, la constitution de cette charte peut se faire en live sur notre futur wiki. Notre élue participante pourra à loisir contribuer et nous faire profiter de son expérience.

    Après si le conseil de saint martin veut faire cobaye….

  26. marcus dit :

    “Ce wiki… c’est une révolte ?” ; “Non Sire, c’est une révolution !” ;)

  27. zablo dit :

    Bon, j’ai réglé quelques détails techniques et le chantier de La Nouvelle Encyclopédie Rétaise (THE wiki himself) est ouvert.

    Mesurez bien le fait qu’il s’agit d’un chantier en construction permanente ; à ce stade il y a beaucoup à faire pour d’abord en poser les fondations, ensuite le roder et enfin le rendre facile d’emploi par tout un chacun. Néanmoins ce travail, lui méme sera public.

    Je compte six mois et l’engagement d’une douzaine de rédacteurs volontaires pour en arriver à ce stade…

    Allez ! Roulez petits bolides ;-)