Aménager le temps pour mieux vivre l’espace

Possible, mais attendons tout de même de voir le lundi 1er mai et les autres grands week-ends à venir.

Cela me rappelle qu’au début des années soixante-dix, une nouvelle réflexion, sur l’aménagement du temps et de l’espace (1), avait formulé des propositions sur l’organisation des horaires de travail destinées à résoudre les pointes de circulation ou la rationalisation de l’utilisation des équipements collectifs. Le temps est la variable d’ajustement pour régler les problèmes de congestion urbaine ou de pénurie en équipement. Partant du constat que les usagers se trouvaient assez généralement concentrés aux mêmes endroits au même moment, Jacques de Chalendar (inspecteur général des finances et par ailleurs universitaire) proposait une utilisation plus rationnelle de l’espace en l’étalant dans le temps.

étudiant en sciences sociales au milieu des années soixante-dix, je me souviens que ce “rapport Chalendar” (du nom de son auteur) avait fait parler de lui. Ses propositions ont d’ailleurs inspiré l’aménagement des horaires de travail (horaires variables). Plus récemment, on peut dire également que l’aménagement de la réduction du temps de travail a pu produire des effets allant dans le même sens.
Transposant ce “vieux” mais pertinent concept à la problématique des flux touristiques, routiers notamment, je me suis demandé s’il ne serait pas envisageable de l’appliquer à l’Île de Ré.

Alors je m’interroge : pourquoi faut-il que toutes les locations s’effectuent de samedi à samedi ?

Une partie de l’offre banalisée totale de lits touristiques de l’Île de Ré (disons 30 % par exemple), ne pourrait-elle pas se commercialiser du dimanche au dimanche ? Je pense en particulier à l’hôtellerie de plein air.
J’entends bien que la majorité de la clientèle préfère louer du samedi au samedi malgré les encombrements routiers à l’aller comme au retour, ceci malgré les conseils de “Bison Futé” et la hausse du prix des carburants (enfin sur ce dernier point il faudra voir).
Je n’ignore pas que louer de samedi à samedi, c’est aussi pouvoir profiter de son dimanche pour remettre la maison en ordre et se reposer du voyage avant de reprendre le boulot le lundi.
Mais enfin quoi ! nous ne sommes plus en 1970. N’est-il pas possible actuellement, à la plupart des salariés, de s’organiser pour prendre un lundi de repos et voyager ainsi dans des conditions plus sereines et sans doute plus économiques, en évitant les bouchons des retours sur les autoroutes ou aux abords des grandes agglomérations ?

Une telle proposition, si elle était mise en œuvre dans un cadre concerté avec les socioprofessionnels du tourisme, serait-elle de nature à améliorer la gestion des flux touristiques, qui ici passent nécessairement par le pont de Ré et la commune de Rivedoux-Plage ? Je le pense personnellement. En tout cas cela mériterait peut être d’être étudié.
C’est une idée lancée en l’air, parmi d’autres à venir j’espère, avec à l’esprit la funeste perspective du 1er janvier de notre agenda rétais 2012.

Richard Auger (Marcus)
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1 Jacques de Chalendar, L’aménagement du temps, Desclée de Brouwer, Paris, 1971.

3 réponses à “Aménager le temps pour mieux vivre l’espace”

  1. elcab dit :

    Les jours de RTT, devraient permettre à beaucoup de travailleurs, de modifier leurs périodes de départ voire leurs jours de départ et ainsi participer à l’aménagement du temps pour mieux vivre.
    Par ailleurs, il est certain que les loueurs devraient pouvoir proposer des aménagements dans les jours d’arrivée et de départ.
    Pourquoi toujours le Samedi, il faut aussi évoluer et s’adapter aux nouvelles donnes en matière de temps de travail.

  2. marcus dit :

    Bravo Elcab, c’est très exactement ça !

    Tu as réussi à résumer en 7 lignes ce que j’ai p?éniblement réussi à exprimer sur une page.

    Lecteurs du blog, si au bout de mon article vous vous interrogez encore sur ce que j’ai bien voulu dire, retenez simplement le commentaire de Elcab et vous aurez tout compris de mon propos car il en résume parfaitement l’essentiel.

    Elcab a par ailleurs bien raison de souligner “qu’il faut s’adapter aux nouvelles donnes en matière de temps de travail.”
    Précisément, avant de rédiger cet article, j’ai consulté un ami qui dirige une résidence de tourisme. Il m’a confié qu’il avait proposé cette formule à ses clients mais qu’il s’était heurté à la demande ultra-majoritaire de la clientèle qui préfère toujours louer de samedi à samedi. L’adaptation des socioprofessionnels ne serait donc pas le point le plus délicat.

    Sans doute la prévention routière pourrait-elle s’intéresser à cette proposition.

  3. marcus dit :

    Décidément, pas d’encombrements routiers pour sortir de l’île le premier mai. :)