Bonne nouvelle pour la spéculation immobilière !
Nos élus commencent à reparler d’une révision du SCOT de l’île de Ré.
La précédente révision (1995-2000) devait être celle de la maîtrise de l’urbanisation, pardon, du rythme de l’urbanisation, selon certains.
Dire que cette révision du schéma directeur (devenu schéma de cohérence territoriale dans l’intervalle) a totalement échoué serait sans doute excessif, au moins tout autant que de prétendre le contraire. Ce qui est certain en revanche, c’est l’impact des effets d’annonce dans l’esprit des propriétaires fonciers et des « candidats à l’insularité ».
En effet, de nombreux propriétaires avaient alors considéré qu’il était risqué d’attendre et qu’il valait mieux réaliser les ventes où les partages de leurs biens, déposer un permis de construire ou de lotir pendant qu’il en était « encore temps ».
Pour leur part, les acquéreurs, candidats à leur petit bout d’Eldorado, se sont bien souvent entendu dire : « ne tardez pas trop à vous décider car bientôt on ne pourra plus construire sur l’île de Ré ». Mais peut-être l’avaient-ils eux-mêmes imaginé.
Quoi qu’il en soit en s’éternisant pendant quatre ans et demi, après des effets d’annonce fracassants, cette révision avait finalement dopé la construction et accéléré l’envolée des prix.
Je ne vous cache pas que je redoute une nouvelle déferlante immobilière avec cette nouvelle révision qui se profile. Du reste, la première s’est-elle jamais interrompue ?
Pire : alors que l’on commence à peine à en parler à la CDC de l’île de Ré, les désaccords fondamentaux se font jours entre les élus, entre les tenants de la protection qui passe probablement par un durcissement des contraintes foncières – Président de la CDC en tête sans doute soutenu par l’État - et ceux qui, au contraire, verraient bien dans cette nouvelle révision, l’occasion de récupérer quelques dizaines d’hectares « gelés » en 2000, l’argument du logement social étant bien entendu mis en avant. (cf. Sud Ouest du 24 mai 2006 – précisions apportées par le maire du Bois-Plage).
Dès lors, tous les ingrédients semblent réunis pour que la farce se rejoue une fois de plus avec une révision du SCOT dont je ne vois pas très bien comment, dans ce contexte et à moins de 2 ans des municipales et du renouvellement du conseil communautaire, elle pourrait être menée dans des délais les plus brefs possibles pour limiter cette nouvelle flambée immobilière.
Hélas, en évoquant le sujet sur mon blog, je n’ignore pas que je risque également d’y participer à ma modeste mesure.
Richard Auger
25 mai 2006 at 8:50
Dans les plus brefs délais ???? Il me semble bien qu’à la dernière réunion de la CdC, son président avait proposé de démarrer immédiatement l’étude de la modification du SCOT mais qu’il a été débouté de sa demande par la majorité qui préfère attendre la fin des élections municipales avant de s’engager dans un chantier qui risque de faire grincer des dents.
Le pari de ces derniers est que l’état prononcera sans doute une dérogation pour les travaux d’étude non terminés à la date prévu et qu’ainsi l’étude commençant en 2008, ils auraient alors le temps de rendre leur conclusion à temps… et puis ça laisse un an de plus pour vendre dans l’urgence et donc plus cher (enfin ça c’est une conclusion personnnelle).