L’obligation de subir nous donne le droit de savoir (Jean Rostand)


IN MEMORIAM : 12 décembre 1999
Naufrage de l’Erika - Pollution du Littoral Atlantique

Je publie ce Message reçu de Bernard TALLIEZ, Gérant - Directeur Scientifique du Laboratoire AnAlytikA à CUERS (Var).

OBJET : Emission France 3 : “Pièces à Conviction - Erika, mystères autour d’une cargaison”

Si vous n’avez pas vu en direct l’émission de France 3 diffusée le Vendredi 26 janvier à 23h25, la version en ligne est encore accessible sur Internet : sur Google vidéo, ou sur france3.

Un sel d’ammonium quaternaire -additif synthétique révélateur du caractère frauduleux de la cargaison de l’Erika- a donc bel et bien été découvert par notre laboratoire dans les rejets côtiers de l’Erika, puis retrouvé dans la cargaison du Mélide.
Contrairement à ce que déclare Robert Rosset au cours de l’émission, cette molécule a été formellement identifié par spectrométrie de masse, et nos preuves sont accessibles -depuis le Mercredi 23 Avril 2002 à 23h40- sur notre site : www.labo-analytika.com
La présence de cette molécule dans la cargaison de l’Erika n’a -en réalité- jamais été contredite que par les résultats d’une étude conduite par le Laboratoire de Recherches TOTAL de Harfleur !
C’est pourquoi nous continuerons donc -contre vents et marées- d’accuser le groupe TOTAL de “couvrir” l’affrètement du tanker-poubelle Erika et l’exportation d’une cargaison pétrolière falsifiée (présentée comme du “fioul N°2, produit loyal et marchand” pour bénéficier du principe juridique européent de “libre circulation des marchandises et des biens”) constituée en fait de DIS (Déchets Industriels Spéciaux) -hautement toxiques et cancérigènes-, une opération crapuleuse et formellement interdite par le principe juridique européen de “proximité” applicable aux déchets.
Pour ma part, fondateur et gérant d’AnAlytikA depuis 15 ans, j’attends toujours -depuis 7 ans- d’être assigné en justice pour diffamation par le groupe TOTAL ….. mais l’occasion me serait alors donnée de porter -enfin- nos preuves à la connaissance de la justice.
L’obstination des dirigeants du groupe TOTAL dans leur refus d’assumer pleinement la responsabilité de l’entreprise pour toutes les désastreuses conséquences du naufrage de l’Erika -sur l’environnement, sur la santé des bénévoles, et sur le bien-être matériel des populations locales concernées- nous parait inacceptable : une éventuelle impunité du groupe à l’issue du procès prochain ne pourra qu’achever de jeter le doute sur la probité des hauts-fonctionnaires et responsables politiques successivement en charge du dossier Erika.
Si vous partagez notre indignation, faites suivre ce message vers le plus grand nombre possible de vos amis et relations ….

“Fin de citation.”

13 réponses à “L’obligation de subir nous donne le droit de savoir (Jean Rostand)”

  1. marcus dit :

    J’ai toujours personnellement considéré la position de Bernard Talliez comme crédible.

  2. zablo dit :

    J’ai toujours personnellement considéré Bernard Talliez comme un honnête homme mais je suis également convaincu que l’affaire de la ” vraie ” nature de la cargaison et la focalisation sur ce point a été et fonctionne visiblement toujours comme un magnifique leurre pour détourner l’attention de ce qui pose vraiment un problème à Total dans le procès en responsabilité directe qui lui est fait.

    La vraie nature, on s’en tape ! Que le fuel soit plus ou moins crade (le fuel ce n’est jamais à mettre dans le biberon des bébés) n’a pas de conséquence juridique majeure permettant de faire payer à Total toute la facture. Par contre la question qui change tout est de savoir si dans l’interminable chaîne des responsabilités du transport maritime, entre intermédiaires et sociétés écran on peut considérer qu’il y a pilotage de fait (comme on dirait ailleurs gestion de fait) du navire par Total. Cette preuve elle est là, quelque part entre le moment où le commandant de l’Erika comprend que son navire commence à se disloquer, fait demi-tour pour remonter vers Brest, parcourt quelques miles sur cette option dans l’axe de la tempête puis, soudain (à 16:27 précisément le 11 décembre 1999) et de manière incompréhensible met le cap à angle droit sur Donges (Saint-Nazaire), offrant le navire à la tempête par le travers pour couler, forcément couler, quelques heures plus tard.

    Qui a donné directement cet ordre insensé ? Qui, à ce moment là, s’est conduit comme le véritable armateur du navire au-delà de tous les écrans de fumée et non comme un simple affrêteur. C’est ce que j’ai appelé à l’époque : Le secret de polichinelle

    Petit extrait d’un message du 22 mai 2000 sur la liste erika@radiophare.net :

    Le 11/12 à 16H27, après avoir obtenu un contact en phonie (à 16H12 via Radio Monte-Carlo) avec son “armateur”, en fait la “personne désignée” chez Panship dans le cadre de la certification ism du navire, le commandant de l’Erika met le cap au 085, machines réglées sur av1/2, pour aller se mettre à l’abri à Donges. Des contacts sont pris (sur la base des n° indiqués par Panship) par le commandant avec le siège parisien de TotalFina, puis avec l’agent général de Panship en France, l’Agence maritime Pommé de Port-de-Bouc laquelle désigne à son tour l’agence maritime Stockaloire à Donges pour traiter de cette escale improvisée. Cette nouvelle route rapproche l’Erika de la terre et d’un abri mais l’expose aussi à l’augmentation de la houle à l’approche du plateau continental (vent et mer sur l’arrière du travers tribord).

    La chronologie exacte heure par heure ici dans cet autre message erika@radiophare.net et plus généralement pour ceux qui veulent retrouver les arguments échangés alors, les archives de la liste erika@radiophare.net sont toujours accessibles, les sources de base restant le rapport du Bureau Enquêtes Accidents (BEA-MER) parfaitement illustré de cartes et de dessins du navire dans ses moindres détails.

    Pour avoir rencontré en octobre 2000 une grande partie de ceux qui avaient joué avec l’information sur l’Internet au plus fort de la crise lors de la journée d’information du CEDRE titrée Le poids d’Internet dans la lutte contre une pollution accidentelle majeure qui se déroulait au Collège des Hautes Etudes de l’Environnement à Paris, je ne doute pas un seul instant de l’implication de Total, non pas dans la création du leurre mais dans la transformation de ce petit chemin en une autoroute dans laquelle se sont engouffrés la plupart des bataillons naïfs et sentimentaux des défenseurs de l’environnement…

  3. marcus dit :

    Pourquoi cet ordre, parce que Donges… C’est TOTAL pardi !

  4. marcus dit :

    Ce qui ajoute à la présomption, ce sont les conditions rocambolesques dans lesquelles le Président de TOTAL a investi son groupe dans le financement de la dépollution.

    Sa première réaction à chaud a été de s’en tenir à l’application du droit et des conventions internationales. Puis entretien avec Lionel JOSPIN (dont la teneur à ma connaissance est restée secrête) et là surprise, “TOTAL paye” mais pour le pompage, TOTAL est maître d’œuvre, ce qui permettra, avec la bénédiction de l’État, d’éloigner les curieux.

  5. marcus dit :

    Enfin ce furent aussi de bons moments de débats et de démocratie en ligne, à une époque où l’état était finalement encore peu présent sur la toile. La leçon aura été retenue. ;)

  6. zablo dit :

    Et nous n’avons pas manqué de pertinence ! Le mercredi 22 décembre 1999 à 10 heures sur l’Ile-de-Ré dans la salle de la Maline à La-Couarde-sur-Mer, avant que les nappes de cette marée noire à retardement n’atteignent les côtes nous organisions une audition publique permettant aux anciens sinistrés de l’Amoco Cadiz de venir à la rencontre de ceux que l’on pressentait alors comme de futurs sinistrés et leur prodiguer les indispensables conseils que seule l’expérience permet d’acquérir.

    Malgré les tentatives de Léon qui fit alors tout pour nous empêcher de tenir cette audition à La Maline (j’ai trop de mémoire Gouverneur !), le Sénateur Alphone Arzel, président du Syndicat mixte de protection et de conservation du littoral du nord-ouet de la Bretagne et héros du procès contre l’Amoco a pu délivrer ce jour là un message essentiel que l’on peut résumer ainsi : N’allez surtout pas sur les plages, les tentatives de dépollution font plus de dégâts que la marée noire elle-même.

    Je vous invite à lire son intervention à l’époque, toutes les traces de ces actions sur le web ne sont heureusement pas effacées !

    Personne n’a voulu entendre, tout à l’effet médiatique produit par les pôvres zoziaux à sauver, des clowns blancs en costume de pape se sont précipités pour faire aussi leurs bonnes actions sur les plages… Résultat des courses, les seuls endroits qui ont totalement récupéré (et au-delà même) de la marée noire de l’Erika sont les endroits où l’on a rien fait… ailleurs dépollution (pour préserver l’infecte industrie du tourisme) a été ici synonyme de stérilisation.

    Merci à Total, merci à l’Etat, merci à la Guilde des Léons de toute obédience, merci enfin à toutes les bonnes intentions qui pavent nos enfers…

    Bon ! Ca fait du bien de se lâcher de temps en temps ;-)

  7. marcus dit :

    Ironie du sort, le 27 décembre 1999 en fin d’après-midi, le Préfet de la Charente-Maritime, M. Christian Leyrit avait convoqué une cellule de crise en préfecture à La Rochelle, avec participation des associations de protection de l’environnement. J’étais alors président de Rivedoux-Environnement.

    Cela ressemblait à une veillée d’armes, car les plus grosses nappes de fioul n’étaient qu’à 40 KM au large des Portes en Ré, point d’impact désigné par les experts.

    Intuition ? J’avais recommandé à Bénédicte Debroise (avenir du Bois) de ne pas y aller en raison de la dégradation annoncée de la situation météo - je n’imaginais pas encore jusqu’à quel point…

    C’est finalement René Mercier Président de l’association de protection des sites de La Couarde qui est allé à cette réunion pour représenter l’inter-associations.

    Vers 18HOO les fenêtres de l’ancienne salle de réunion du Conseil Général à la préfecture volaient en éclat… La suite est connue, la tempête du siècle évitera la pollution sur Ré la Blanche, la bien nommée, et repoussera toute la pollution de part et d’autre de l’estuaire de la loire entre la pointe de Penmach et le sud Vendée. Malheureux Bretons qui pensaient que pour une fois, ils allaient s’en tirer…

    L’île de Ré s’en sortira avec quelques galettes de fioul qui permettront à quelques notoriétés de jouer les utilités sur la Conche des Baleines et de se vanter dans la presse d’avoir participé au nettoyage des plages rétaises (le danseur étoile Patrick Dupont notamment).

    Il y a encore du chemin à faire pour assainir la situation du transport maritime des hydrocarbures. Bien des états renâclent encore pour adopter le packet de mesure intitulé ERIKA 3 (détail ici sur Vigipol) proposé par l’UE.

  8. marcus dit :

    Intéressant ce numéro de pièces à conviction.

    Ma conviction demeure : Lionel Jospin a passé un deal avec M. Thierry Desmarest dont les termes ont sans doute été les suivants :
    1) TOTAL assume la dépollution (il n’y était pas tenu)
    2) en contrepartie l’État (probablement au fait de la réalité) passe l’éponge.
    3) Silence radio : tout le volet sur le contenu de la cargaison qui aurait pu ouvrir la porte à un procès en responsabilité pénale de TOTAL et dégrader l’image de l’entreprise passera à la trappe.

    Bernard Talliez peut bien lancer son j’accuse, TOTAL n’est pas naïf au point de lui donner une tribune judiciaire par la voie d’un procès en diffamation.

    Comme le souligne le reportage, La justice avait déjà l’affaire ELF sur les bras…

    Je n’ai jamais remis les pieds dans une station totale depuis 1999.
    Ce reportage sera pour certain, si besoin était, une piqûre de rappel.

    Cette ténébreuse affaire a été l’occasion de faire la connaissance d’Olivier Zablocki, c’est bien ma seule consolation.

  9. marcus dit :

    Je ne suis pas un grand juriste, mais je serais très surpris que TOTAL puisse se voir condamné pénalement dans le cadre de cette affaire compte-tenu du champ restreint des investigations judiciaires.

    Ceci étant, Bonne retraite M. Desmarest et sans rancune.

    Restons vigilants ! TOTAL ambitionne désormais de servir (sévir) dans le nucléaire

  10. Cath dit :

    Pour info et ceux qui l’ignorerait encore, Total a publié hier ses bénéfices annuels pour 2006, je vous laisse les découvrir sur Boursorama ayant du mal avec tous ces zéros.

  11. Cath dit :

    Happy Valentine’s Day à tous les amis de Marcus, et toi aussi Marcus, court dormeur d’après ce que j’ai pu lire ailleurs qu’en ces lieux !!!!

    ps : pour revenir sur le commentaire plus haut, les amis, la politique est affaire trop sérieuse pour la laisser aux politiciens. Nous citoyens sommes plus forts car plus nombreux, arrêtons de nous laisser balader molement.

    Enfin, Total ne fait RIEN en matière d’énergie alternative ou durable. Le fait qu’il s’investisse dans le nucléaire n’a rien pour me surprendre. Cette entreprise est une honte française. A du sang sur les mains. Soutient des tyrans et des corrompus partout dans le monde et chez nous.

    Je suis partante pour une action médiatique et bien visible. Les élections approches, le moment est propice. Faites moi signe, car en tant que terrienne et que femme, je pense que ça va bien comme ça !

  12. marcus dit :

    Merci Cath, à toi aussi, très bonne Saint-Valentin.

    J’ai déjà eu l’occasion d’écrire que cette affaire soulignait une chaine d’irresponsabilités.

    La seule chance de voir la Cie TOTAL épinglée dans cette affaire est désormais d’établir au procès que Total est bien responsable de la décision calamiteuse du changement de destination du navire. Ce que le message d’Olivier laisse supposer.

    L’absence du commandant au procès est à cet égard parfaitement révélatrice à mon sens.

  13. OULA PALA dit :

    LE 13/02/2007

    LE JOURNAL VAR MATIN ANNONCE QUE LE LABO ANALYTIKA EST POURSUIVI PAR LE FISC DANS LE CADRE D’UNE ENQUETE FISCALE.

    LE JOURNALISTE POSE LA QUESTION : “EST-CE UN PUR HASARD?”

    VOUS AVEZ DEJA LA REPONSE, NON?