Quelle gouvernance locale en 2008 ?

Dans un récent article, j’évoquais le débat concernant le projet de piscine, dont la presse locale s’était fait l’écho.
La réunion de la communauté de communes, qui s’est tenue à Rivedoux le 1er mars 2007 (notre photo), a été l’occasion d’une mise au point par son président, M. Léon Gendre, qui s’en est pris vigoureusement au journal le Phare de Ré, l’accusant de vouloir faire polémique à l’instar de la presse nationale (citant Libération) en usant de manchettes fracassantes.


Patrice Raffarin, maire de Rivedoux était l’hôte la réunion de la CDC.

Ce n’était pas prévu, c’était même totalement exclu selon certains élus, mais pourtant… tellement prévisible. Il a fait ensuite une communication exhaustive, sans débat, à propos du projet de piscine avec documents à l’appui.
Officiellement, rien de nouveau depuis mon article, hormis quelques bonnes surprises en termes de subventions promises qui restent a confirmer d’ici le vote du budget de la CDC à la fin mars.
C’est précisément là, le 29 mars à 14h30 à La Flotte, que Léon Gendre donne rendez-vous à ses collègues pour prendre la décision définitive sur la poursuite du projet. La Flotte pour la piscine… Il fallait y penser. :)
Avant cela une explication aura lieu (hors la présence du public et de la presse) en commission des finances le 20 mars 2007. Aujourd’hui les couteaux sont restés dans la poche mais ils sont ouverts. Le président à déclaré : “où bien il y aura une majorité et la piscine se fera, où bien il n’y aura pas de majorité et elle ne se fera pas.” Chacun est donc placé devant ses responsabilités.
Au delà de la piscine proprement dite, le problème du président qui ambitionne de se succéder à lui-même est à deux niveaux :

Lionel Quillet d’abord : Le maire de Loix a dégainé le premier dans le Phare de Ré du 21 février 2007.

Depuis le début du mandat, Lionel Quillet, incarne l’opposition radicale au Président et à ses méthodes, sans pour autant être opposé à tous les projets de la CDC. Il assume parfaitement cette position qui lui vaut souvent de prendre tous les coups. Il à l’avenir devant lui. Cet avenir passera probablement par les élections cantonales de mars 2008 où il sera candidat contre Jean-Louis Olivier, le maire d’Ars en Ré, homme beaucoup plus conciliant, soutenu par… Léon Gendre. La politique c’est souvent du billard à trois bandes. :) L’avenir de Lionel Quillet passera-t-il par la présidence de la CDC, c’est plus aléatoire.

Pour les autres élus c’est plus feutré, mais l’embarras sinon la grogne est désormais palpable.
L’embarras du Président l’était aussi. Il mesure désormais le fossé qui est en train de se creuser irrémédiablement entre lui et ses collègues de la CDC. Parmi ceux-ci, Jean-Paul Héraudeau son adjoint au maire à La Flotte et vice président de la CDC. Présenté un temps comme son dauphin, il commence forcément à trouver le temps long. Son Maire (Léon Gendre) dit à qui veut bien l’entendre que son adjoint va d’ailleurs se présenter contre lui. Jean-Paul Héraudeau s’en défend. Bonjour l’ambiance ! :(

Or ce fossé ne tient pas tant au fond des dossiers ou aux actions proprement dites de la CDC (elles reposent sur un large consensus politique établi comme en atteste d’ailleurs l’extension progressive des compétences transférées par les communes, et les grands chantiers en cours, ex : la restauration de l’ancien hôpital de Saint-Martin), qu’à la pratique managériale de son président qui ne veut ni ne peut se départir d’une implication personnelle dans la plupart des dossiers qu’il entend porter seul à bout de bras. Bref, de son incapacité personnelle à déléguer et à travailler en équipe. Le plus miraculeux est qu’il parvienne malgré tout à faire face à toutes ses obligations avec des journées qui n’ont que 24 heures et le cumul des mandats de maire de La Flotte, de vice-président du Conseil Général et de président du conseil architecture et environnement (CAUE) de la Charente-Maritime. Mais ce n’est guère motivant pour ses collègues réduits au rôle de faire valoir dans une assemblée délibérative devenue chambre d’enregistrement des intentions présidentielles.

Le coup de semonce de son premier vice-président et doyen de l’assemblée communautaire, Jacques Labonde, le maire des Portes, m’avait mis la puce à l’oreille. Lors de la cérémonie des vœux en janvier 2007, il déplorait publiquement et sans détour le goût du travail solitaire de son président. L’assistance avait souri, prenant cela pour une boutade, moi pas. D’autres élus, en aparté, abondent désormais ouvertement dans le même sens avec plus ou moins de nuances, souvent plus que moins d’ailleurs.

Le 1er mars 2007 à Rivedoux, vu du public, j’ai eu le sentiment qu’une page de la vie politique de l’intercommunalité rétaise commençait à se tourner. Je connais et j’estime Léon Gendre depuis vingt ans et je sais qu’il a assez d’intuition et de connaissance des hommes pour ne pas s’en être rendu compte également. Mais je sais aussi qu’il n’est pas homme à se rendre facilement face à l’adversité. En politique comme sur le ring, toute la difficulté est de savoir ne pas mener le combat de trop.

15 réponses à “Quelle gouvernance locale en 2008 ?”

  1. pepper dit :

  2. marcus dit :

    Pepper à raison. Merci pour la photo recadrée.

  3. marcus dit :

    Hum, dès que ça touche à la politique locale, les locaux rasent les murs. Serait-ce le parti de la trouille ? ;)

  4. zablo dit :

    he… he… pour ma part je veux simplement pas tirer le premier sur une ambulance en panne.

  5. marcus dit :

    Voilà qui est fait !

  6. zablo dit :

    Pas de quiproquo surtout. Je parlais de la politique locale en panne et non d’une personne en particulier parce que, comme il m’est arrivé de le préciser à Léon Gendre un jour, de visu, face to face, et accessoirement dans le bureau de Georgine Lafontaine (à gauche sur la photo), je ne crois pas que les hommes eux-mêmes soient responsables de l’impuissance d’un système totalement inapte à mobiliser l’intelligence collective des administrés : sur l’Ile-de-Ré en particulier, en France en général.

    Bien qu’il y ait toujours sur un territoire (sur tous les territoires) l’ensemble des compétences qui lui sont nécessaires, comment se fait-il que les résultats, en moyenne, soient aussi misérables ? Je n’irai pas chercher l’explication dans l’incompétence des hommes mais dans les effets pervers d’un système (soi-disant démocratique) qui rendrait complètement idiot un régiment de Prix Nobel.

  7. marcus dit :

    Le système plutôt que les hommes qui eux ne seraient pas responsables ?

    Je ne dirais pas cela. Sans doute l’institution a ses responsabilités, sans doute le rapport des citoyens à leurs élus locaux encourage-t-il les tendances lourdes du fonctionnement des exécutifs locaux.
    Mais pour autant, il est possible, pour celui qui a la volonté de changer les choses et qui veut bien s’en donner la peine, d’instituer d’autres pratiques de gouvernance locale profitables à tous : exécutif, élus, citoyens.

    Au cas présent, j’ai découvert en la personne de Jean-Paul Héraudeau (photo sur le site de La Flotte), un vice-président de la CDC (chargé du dossier des déchets) pleinement investi dans ses fonctions, qui a accompli un excellent travail, qui sait manifestement animer sa commission, et faire un exposé des travaux de sa commission des plus intéressants (pas facile en ce domaine). Bref, un élu qui sait de quoi il parle, qui aime le travail collectif et qui va à l’essentiel.

    Je n’hésite pas à dire que je trouve regrettable l’attitude de Léon Gendre qui va polariser artificiellement l’enjeu de la prochaine élection sur une question de personne alors que le bon sens commande, dans l’intérêt de l’intercommunalité rétaise, de préparer une transition douce.

    Ce qui me donne l’occasion de rappeler à tous ces évidences :
    1 - les irremplaçables peuplent nos cimetières.
    2 - il vaut mieux savoir quitter les choses avant qu’elles ne nous quittent.

  8. pirate17 dit :

    Excellent l’article reproduit sur cette rubrique…

    Le titre : La communauté de commune prend l’eau.

    L’article en lui même qui vise à mettre en exergue la différence Quillet et Gendre.

    Et juste dessous, une publicité pour le cabillaud et la morue !! Certes à des prix différents (Ah… la concurrence…) mais il ne vous aura pas échappé que cabillaud et morue, c’est le même poisson !!!

    Reste à savoir si cette mise en page relève du domaine du hasard ou du positionnement malicieux…

  9. pirate17 dit :

    Je me rend compte que mon clin d’oeuil sur le positionnement politique du Phare pouvait rester incompris, aussi j’ajoute ce commentaire :

    Le parti des Cabillauds était un parti politique en Hollande vers le milieu du XIVe siècle

    Il se forma à l’occasion des divisions qui s’élevèrent au sujet de la souveraineté du comté de Hollande entre la veuve de Louis IV du Saint-Empire, Marguerite Ire de Hollande, et son fils Guillaume V, qui avait pris le titre de comte de Hollande (1349).

    Les nobles, mécontents de ce dernier, avaient rappelé Marguerite malgré l’opposition des villes, et, espérant une facile victoire, avaient pris le nom de Cabilr Zonas, par allusion aux gros poissons de ce nom qui se nourrissent de fretin.

    Merci le phare pour ce moment de franche rigolade…

  10. zablo dit :

    Marcus : Sans doute l’institution a ses responsabilités, sans doute le rapport des citoyens à leurs élus locaux encourage-t-il les tendances lourdes du fonctionnement des exécutifs locaux.

    L’institution a TOUTES les responsabilités car elle est juge et partie.. Quant au fonctionnement des exécutifs locaux, le gouvernement des villages, il n’est que l’image miroir du fonctionnement des exécutifs en général selon des règles du jeu écrites par ceux-là même qui vont exercer le pouvoir et c’est bien là où est le problème. Je nous invite à lire ce billet éclairant de Thierry Crouzet autour de ces deux vidéos parfaitement limpides à travers lesquelles Etienne Chouard s’exprime avec sensibilité et pertinence sur le thème de la nécessaire séparation du pouvoir constituant et des pouvoirs constitués.



    Assemblée constituante citoyenne
    envoyé par tcrouzet1


    Assemblée constituante citoyenne 2
    envoyé par tcrouzet1
  11. marcus dit :

    @ pirate : Excellent le parti des cabillauds.
    J’ai laissé ce cadrage de l’article du PDR, car pour nos lecteurs hors de Ré, j’ai pensé que ça ferait bien dans le décors. :) Maintenant, croire à la malice du phare de Ré… ??? je n’irai pas jusque là.

    @ zablo : Au cas présent, c’est bien la faiblesse de la réaction de l’organe délibérant qui encourage le pouvoir personnel de l’exécutif, lui même évidemment encouragé par le cadre légal (institutionnel). C’est tout à l’honneur des exécutifs locaux de lutter contre cette tendance naturelle au pouvoir personnel, facilité, non seulement par les textes, mais aussi par l’attitude de la population.

    Pour revenir à la situation présente, à un an de la fin du mandat (prolongé) des membres de la CDC, je ne vois pas une révolution de palais mettre Léon Gendre en minorité. Cependant, à la lumière de ce mandat, je n’imagine pas davantage une majorité lui accorder (lui renouveler pour certains) la confiance pour six ans.

    Quant à la piscine, les élus embarqués dans le processus de décision valideront certainement sa construction. Je ne pense pas qu’il y ait d’obstacle politique à sa construction. Mais d’éventuels aléas juridiques ou techniques peuvent encore survenir.

    Rappelons quand même pour donner une vision moins pessimiste des choses, que ce mandat, aura tout de même permis de voir l’intercommunalité progresser en termes de compétences transférées et d’action engagées. Je pense que léon Gendre, sur des sujets comme la petite enfance notamment, a sérieusement évolué.

  12. zablo dit :

    euh… c’est quoi l’organe délibérant dans ce cas ? Je n’ose pas penser un instant que tu puisses évoquer ici la soi-disante assemblée communautaire ; ce dispositif pervers est à la politique ce que la femme sans-tête est au music-hall ?

    Je plaisante, je sais bien que c’est de cette assemblée que tu parles.

  13. Pedro el Diablo dit :

    En premier lieu, on peut se demander, à l’écoute des propos d’Etienne Chouard, si la question de “juge et partie” pour les constituants (qui est clairement évoquée comme un problème personnel) n’est pas un peu éventée, car si notre Constitution a 50 ans, ses rédacteurs eux … Quant à des modifications qui lui auraient été apportées par et pour leurs successeurs, la plus significative (élection du Président de la République au suffrage universel) a presque le même âge. Donc les règles du jeu d’aujourd’hui n’ont, semble-t-il, pas été dictée par les joueurs. Cette réflexion n’est pas plus naïve qu’une bonne partie des propos ici entendus.

    Certains autres m’ont glacé le sang : “on ne peut pas leur reprocher d’être esclavagiste, tout le monde l’était à l’époque…” remplacez esclavagiste par…. ce que vous voulez et vous verrez l’impression que cela fait !

    Quant aux principes constitutionnels qui doivent “garantir l’indépendance économique et politique des journalistes et permettre de les contrôler pour éviter qu’ils ne deviennent des juges”, au delà de la contradiction flagrante du propos, ça vous a un relent d’air sibérien tout aussi frigorifiant.

  14. zablo dit :

    T’es pas obligé de manipuler l’opinion de ceux qui n’auront pas vu ces vidéos avec des citations tronquées, Pedro.

  15. Le blog de Marcus » Archive du blog » Piscine intercommunale dit :

    […] 17;histoire - Vauban Piscine intercommunale FLASH SPECIAL : Le conseil communautaire de la CDC de l’île de Ré, réuni jeudi 29 mar […]