Halte au soi-disant Porno-Chic

Face à la recrudescence des publicités présentant des représentations tendancieuses et dégradantes du corps de l’homme et de la femme, des parlementaires ont déposés une proposition de loi visant à créer un délit d’atteinte à la dignité de l’homme et de la femme par l’image publicitaire, (proposition de loi déposée à l’Assemblée nationale le 13 février 2003). Dès la prochaine législature, intervenez auprès de votre député pour qu’il fasse pression sur le gouvernement afin que cette proposition de loi vienne en discussion au Parlement.

IL Y A URGENCE !

Lire la proposition de loi visant à créer un délit d’atteinte à la dignité de l’homme et de la femme par l’image publicitaire.

34 réponses à “Halte au soi-disant Porno-Chic”

  1. Cath dit :

    Ayant déjà tout dit sur le sujet et te remerciant pour ce relais, au nom de notre humanité et de notre “civilisation” chérement acquise et toujours compromise, je vais mettre mon député (dont j’ignore tout) dans le collimateur de cette proposition de loi.
    Cela donnera une occasion de voir à quoi peuvent bien servir les députés ;) ….

  2. Cath dit :

    ouh la la, elle date de 58 ! ôte moi d’un doute, cette proposition a-t’elle été adoptée à ta connaissance ?
    une pétition nationale ne serait-elle pas plus utile, à ton sens, colportée de blogs en blogs, de mains en mains, de rues en rues ?

  3. Christine dit :

    J’ai été vraiment horrifiée de cette publicité dégradante et malsaine dont Cath m’ a avertie.
    J’ignore quelle est la meilleure route à emprunter pour agir : contacter le député qui a d’autres ambitionsn en période d’élections législatives… ou une pétition qui circule comme tu le suggères ?

  4. Mimie dit :

    Je viens de googliser un peu… apparemment rien depuis cette proposition de loi, statu quo… malgré les pressions d’un mouvement féministe baptisé “Meute” qui lutte contre la publicité existe depuis 2001…
    Alors ? Que faire ?

  5. anguille dit :

    Ah oui, c’est sûr, faut contacter d’urgence son député le plus proche !!

    Pour un monde plus propre et bien dégagé autour des oreilles, braves gens, pétitionnons …

  6. marcus dit :

    Je pense qu’il faut attendre la nouvelle législature, pour identifier et avoir les coordonnées de son député par son nom ou par sa circonscription.

    Il faudra ensuite lui adresser un mail pour lui demander de poser une question écrite.
    Pas trop difficile de rédiger quelques modèle de courriers argumentés que nous pourrions diffuser sur les blogs.

    Cath, c’est la constitution de la Ve République qui date du 4 octobre 1958.
    Ce qui est intéressant, c’est l’exposé des motifs où l’on voit bien toute la difficulté de l’exercice.

    A ma connaissance, le ministère de la culture serait très réticent à ouvrir la boîte de pandore de la censure. Or c’est le gouvernement qui tient l’ordre du jour. (Avec Bayrou, il est prévu que ça change).

    L’autre solution serait que le gouvernement fasse pression sur la profession (en réunissant tout le microcosme de la mode et de la pub autour d’une table ronde médiatisée sur le thème “maintenant ça suffit !” (mannequins anorexistes, photos trafiquées, publicités sexistes, image détournée du corps de l’homme ou de la femme, présentation esthétisée de la contrainte sexuelle). Le message serait alors le suivant : “soit la profession prend ses responsabilités, soit l’État prendra les siennes par la voie législative.”

    Mais je ne suis pas l’État. Dommage car je vous règlerais ça en moins d’un mois. ;)

  7. zablo dit :

    Pitié ! Pas la loi sur un coup comme celui-là ! Dans la série l’art et la manière de se tirer une balle dans le pied, c’est la voie la plus dangereuse pour les libertés que vous explorez là. Il y a tant d’autres manière de lutter contre la société du spectacle

    Commençons justement par prendre le temps de revoir le film de Guy Debord, la Société du Spectacle (1973), ici en deux volets pour reposer le problème dans son ensemble :

    Première partie
    Deuxième partie.

    Le spectacle est le mauvais rêve de la société moderne enchaînée qui n’exprime finalement que son désir de dormir (Guy Debord)

  8. anguille dit :

    Merci Olivier !

  9. sylvie dit :

    Je pense que les députés et tous les hommes et femmes politiques ont en ce moment d’autres choses en têtes. A nous de faire le nécessaire en boycotant l’achat des entreprises qui pratiquent ce genre de publicité.

  10. marcus dit :

    @ sylvie : c’est clair, le moment n’est guère propice. C’est la raison pour laquelle j’ai parlé de nouvelle législature. Le boycott, oui bien sûr, mais je ne suis pas leur client, je n’ai rien à boycotter.

    @ zablo et anguille : Et c’est bien pour cela que le Ministère de la Culture freine des quatre fers. Je suis d’accord, la loi est l’ultime recours et sans doute la plus mauvaise des solutions, à l’exception toutefois de ne rien faire et subir. Je pense aussi que la société a le droit d’exercer une pression sociale et collective. La profession devrait pouvoir réguler cette question en interne. Mais encore faut-il qu’elle y soit fermement invitée.

    Sans tomber dans le cliché, je pense aussi que la question est biaisée par le fait que le déséquilibre est flagrant : C’est toujours la femme qui morphle à travers les fantasmes affichés de quelques-uns. Sans prôner un retour à la censure où à l’ordre moral, il importe de veiller aux conséquences sociales de tout ceci et d’être cohérent dans l’action publique.

    Je vous invite tous les deux à lire les débats sur les blogs de Cath et de Mimie-In-Vivo (liens en marge sur ce blog), qui ont initié cette affaire avant moi. Personnellement je suis solidaire de leur action mais je ne voulais pas tomber dans le piège de la provocation de faire du buzz autour d’une marque en particulier.

  11. marcus dit :

    Et les maires dans tout ça ?

    Le Conseil d’Etat dans son arrêt du 8 Décembre 1997, “Commune d’Arcueil”, qui avait annulé un arrêté municipal qui avait interdit l’affichage publicitaire en faveur de messageries roses, pour immoralité. Le Conseil d’Etat avait considéré que l’affichage ne portait pas en soi atteinte à une des composantes de l’ordre public, montrant ainsi que l’immoralité n’est pas intégrée à l’ordre public. De même dans une décision du 7 Octobre 1996, “Comme de Tavergny”, le Conseil d’Etat a annulé un arrêté du maire qui avait interdit la diffusion de journaux comportant de la publicité pour des services télétel érotiques. La juridiction suprême a considéré que le seul caractère d’immoralité ne suffisait pas à justifier l’interdiction, mais il fallait que la distribution de ces journaux porte atteinte à l’ordre public dans la commune. Ainsi, et cela depuis la décision “Société Anonyme des Films Lutécia” du 18 Décembre 1959, le Conseil d’Etat reconnaît que la moralité n’est pas une des composantes de l’ordre public mais, le maire peut prendre en considération l’atteinte à la moralité, si elle est susceptible de porter atteinte à l’ordre public.

  12. zablo dit :

    Marcus : Je vous invite tous les deux à lire les débats sur les blogs de Cath et de Mimie-In-Vivo (liens en marge sur ce blog), qui ont initié cette affaire avant moi. Personnellement je suis solidaire de leur action mais je ne voulais pas tomber dans le piège de la provocation de faire du buzz autour d’une marque en particulier.

    J’ai lu, j’ai lu… mon problème est simplement qu’une loi contre ce genre de chose serait aussi inepte et inefficace que d’autres lois du même acabit : au hasard et pour être sûr de me faire des ennemis, la loi qui condamne les propos racistes ; laquelle a eu, par exemple, sur le grouillement du Front National l’efficacité qu’on lui connaît.

    Si comme l’écrit magnifiquement Bénédicte Desforges dans FLIC (à paraître le 8 mars) le racisme est l’aristocratie des minables et si l’on peut ajouter en la circonstance que le porno-chic en est l’ultime horizon cela n’autorise pas pour autant qu’une colère légitime conduise à paver notre proche enfer de tant de bonnes intentions.

  13. marcus dit :

    L’enfer, je veux bien, mais ce ne sont pas les mecs qui se retrouvent victimes des tournantes. Et l’affiche que j’ai publié (sans marque pour ne pas faire de pub) elle ne suggère pas, à proprement parler, le consentement.

  14. zablo dit :

    C’est pas le problème ou alors il faut pétionner pour une loi visant à interdire la connerie et dans ce cas, comme dans celui du porno-chic, qui peut définir les limites.

    Tiens, un exemple que je viens de piquer sur l’excellent Le Blog Immobilier que je te conseille au passage d’aller explorer pour nous offrir un bel article d’anticipation (légère) sur le prochain crash de l’immobilier sur l’Ile-de-Ré. Il s’agit justement d’une publicité d’une connerie crasse, d’une vulgarité sans limite ; c’est pas du porno-chic c’est du porno-de-prisunic. Alors, on interdit ça dans la loi ou pas ; parce que dans le genre réduction de têtes de femmes, ça se pose là ?


  15. Cath dit :

    Bonsoir tout le monde !

    Ouf je sors la tête hors de l’eau d’un billet long et douloureux sur un sujet qui me hante.

    Tout d’abord, Marcus, je ne saurais comment t’exprimer ma gratitude au nom de toutes les femmes victimes de viols en simple, double ou réunion. Il est rare qu’un homme prenne aussi simplement et fermement la parole sur un sujet qui fait encore ricanner certains.

    Pour Zablo, je comprends parfaitement ton souci.

    Inutile de faire une loi pour censurer le porno ou le “chic” en général, mais il s’agit là d’une scène de tournante et le regard de la mannequin n’a rien de particulièrement réjoui.
    Ce en quoi je dois lui reconnaitre un certain talent malgré la honte qu’elle m’inspire.
    Ses yeux expriment le même vide mélangé de détresse (une prouesse) que ceux d’une strip teaseuse paumée au fin fond d’une banlieue, photographiée il y a des années ds le magazine Photos. Ce regard m’a hanté depuis tout ce temps.

    Tu vois, il y a une différence entre montrer des individus nus comme des vers, tous seins et bites dehors, en train de s’amuser et des types mimant une scène de viol (sur une femme, un homme, un enfant).

    Le viol, ça peut paraître anodin. Bof, et alors, elle s’en remettra non ?
    Une bonne douche et c’est oublié.

    Sauf qu’on ne se laisse pas violer comme ça. Dois-je te faire un descriptif de la coercition, de la menace, y compris de mort, de la pression morale indescriptible qu’utilise le violeur sur sa victime pour arriver à ses fins ?

    Ce n’est pas qu’une question de pénétration. C’est une question de vie et de mort.

    Pendant qu’on y est, pourquoi ne pas mettre en scène des “snuff movies”
    (films courts généralement sous forme d’unique plan-séquence qui mettent en scène un meurtre réel, souvent précédé de pornographie avec viols de femmes ou d’enfants) pour vendre des téléphones, de la lingerie ou des joujoux ? Ne jamais dire “jamais” !…

    Je pense qu’une pétition bien pensée, ciselée finement dans ses termes, serait le meilleur moyen de montrer que nous, citoyens et citoyennes, nous savons de quoi nous parlons, quelle est notre niveau de compréhension du bien et du mal, que nous ne confondons pas pruderie et prudence. Et que merde, ça suffit !

    Effectivement, le moment tombe mal côté politiques.

    Mais côté citoyens, il me semble idéal car nous sommes actuellement tous mobilisés sur pas mal de sujets, dont le respect, l’éducation, la culture ne sont pas absents.

    Dans l’attente de vos réactions.

  16. zablo dit :

    Cath : Sauf qu’on ne se laisse pas violer comme ça. Dois-je te faire un descriptif de la coercition, de la menace, y compris de mort, de la pression morale indescriptible qu’utilise le violeur sur sa victime pour arriver à ses fins ?

    Je connais, précisément, je connais. Mais ce n’est pas la question car la représentation d’un viol n’est pas un viol et il est impossible de placer le débat strictement sur le même plan. C’est simplement cela que je cherche à souligner en toute amitié.

    Pour punir le crime, la loi est là ; la question de comment elle est appliquée et rendue appliquable ou non par le jeu des services sociaux, de la police, de la justice et de la société en général, reste une vraie question. Mais songer à punir l’idée du crime ou sa représentation en dehors du fait lui-même, je ne pense pas qu’aucun d’entre nous puisse s’y résoudre. Ou alors, il faut fermer toutes les fêtes foraines et brûler toutes les machines de mort qu’elles abritent. A mon avis, il y aura très vite des dégâts colatéraux aussi grave que le mal que l’on aurait souhaité combattre.

  17. Dom dit :

    cette publicité est choquante, mais la liberté d’expression est elle négociable ?
    Les personnes qui se sont senties blessées par les détournements de l’image de la religion, Jésus ou de Mahomet (pub Benetton, marithé, et autres) auraient le droit de penser qu’il y a deux poids deux mesures dans la liberté d’expression si on devait demander l’interdiction de la pub D&G au nom de l’image dégradante de la femme qu’elle donne.
    Je ne serais pas d’accord de signer une pétition quelle qu’elle soit pour demander à interdire une pub, même si je suis tout autant choquée que vous.
    Tous les jours je passe devant des affichettes vantant tel service de ligne rose, ou tel salon de l’érotisme, avec gros seins et poses aguicheuses, nos enfants ne peuvent échapper à toutes ces pubs racoleuses. J’aimerais bien sûr, en tant que mère, qu’on les limite à des lieux précis et plus confidentiels mais ces mêmes images sont chez tous les marchands du journal de Mickey et programmes tv.
    Bref, tout cela pour dire que je ne suis pas certaine que l’interdiction soit la solution.

  18. Mimie dit :

    Marcus, je voulais juste te dire comme Cath que je te félicite pour ta prise de position en faveur de la cause des femme violentées (pour faire large). C’est plutôt rare de la part des hommes et encore bravo (mais ça ne m’étonne pas de toi !). Je trouve l’idée d’une pétition de blog en blog ou plus très intéressante, autrement dit je suis ok !
    En revanche, je ne suis pas d’accord avec Dom, car personnellement je ne mettrais pas sur le même plan les croyances religieuses et l’intégrité physique des femmes. La censure est tabou mais moi ça ne me fait pas peur dans certains cas, c’est plutôt l’idée de la banalisation de cette violence qui me fait peur !

  19. Mox Folder dit :

    L’atteinte à la dignité de l’homme et de la femme par l’image publicitaire se déroule quotidiennement, sous nos yeux, dans nos rue sans que personne n’y trouve rien à dire et il faudrait une affiche publicitaire à la mise en scène et à l’esthétique outrancière pour éveiller les consciences ? Ça ne m’étonne pas, l’être humain est toujours attiré par ce qui est clinquant. C’est beaucoup plus facile de s’attaquer à la surface que de s’attaquer au fond du problème. Hé oh ! réveillez vous, les chaines de télé et médias en général n’ont pas attendu les deux zozos de Dolce & Gabbana pour inviter Rocco Siffredi et Zara White sur les plateaux télé ! Et je vous parle de ça, ça fait déjà un peu plus de 10 ans…

    Il ne faut pas se méprendre : Le porno chic ce n’est pas du porno, c’est une mise en scène du porno. Et puisque qu’on parle de mise en scène, certains ici abordent à juste titre le problème de la liberté d’expression et de la représentation artistique.

    Enfin, je trouve très limite d’établir une relation de cause à effet entre une affiche publicitaire et des violences qui se déroulent au quotidien. D’une part c’est donner un pouvoir à l’affiche qu’elle n’a - selon moi - pas, et d’autre part c’est mettre de coté le reste (les raisons de cette violence) en se focalisant sur un objet superficiel et … anodin (oui j’ose le mot).

    On vit dans un société ou il faut cacher se qui choque ou peut choquer. Lles débats autour du voile et tout autre signe extérieur religieux relèvent selon moi en partie des mêmes mécanismes : si le sexe est tabou depuis longtemps, dans nos sociétés modernes la religion l’est tout autant et tout ce qui se vise à interdire, masquer, cacher ces signes extérieurs sous prétexte de protéger l’intégrité des personnes ne visent en fait qu’a ne pas offenser d’autres personnes).

    Ces affiches ont au moins le mérite de créé le débat, on n’aura vraiment de quoi s’inquiéter lorsqu’il n’y aura plus de débat plus de polémique ni révolte. Je dirai même que si ces affiches vous révoltent, c’est tant mieux … ou plutôt tant pis, au choix. Mais si ça peut amorcer des discussions ou une pédagogie, pourquoi pas.

  20. marcus dit :

    Dom a écrit : “Tous les jours je passe devant des affichettes vantant tel service de ligne rose, ou tel salon de l’érotisme, avec gros seins et poses aguicheuses.”

    Moi aussi Dom. Au moins sait-on précisément ce dont il s’agit. Cela fait partie de notre société ce commerce est légal et sa publicité n’est pas réprimée par la loi.
    Je viens de refaire un tour d’horizon des productions de la marque en question. Dans les galleries de photo sur leur site officiel ni la production proprement dite (ligne de vêtements), ni la présentation de ces produits ne peuvent appeler une quelconque observation.

    Mais là, de quoi s’agit-il ? J’aimerais bien le savoir.

    S’il ne s’agit que d’une représentation personnelle fantasmatique emprunté à l’univers Félinien et Pasolinien - disent-ils - pour présenter leur déclinaison personnelle de la dolce vita, c’est parfaitement leur droit et cela ne justifie pas l’intervention du législateur s’il ne s’agit que d’en faire un bouquin, d’exposer dans une gallerie d’art par exemple.

    En revanche, s’il s’agit par ce biais, de monter une simple provocation publicitaire(ce qui me semble attesté par le thème omniprésent de la religion), afin de promouvoir la marque, dans une presse féminine spécialisée à grand tirage qui se retrouvera tôt ou tard dans les salles d’attente des cabinets médicaux ou sur des affiches des abribus sur la voie publique, je crois qu’on entre dans la plus parfaite confusion des genres et là, c’est autre chose. Je crois en conséquence qu’il faut que la profession soit invitée fermement à prendre ce dossier à bras le corps. Si elle ne le fait pas, je souhaite que l’Etat qui me représente mette les pieds dans le plat, même si c’est difficile.

    Je pense au cas présent qu’il y a danger en raison du message d’agression sexuelle que certaines images véhiculent et surtout de la manière dont elle le font. Je pense pour l’instant aux deux seules images publiées sur les blogs.

    Elles sont d’autant plus dangereuses que la violence y est esthétisée. L’acte de soumission par contrainte de la victime y est en quelque sorte sublimé. La force masculine y est valorisée, la brutalité est gommée, car seulement suggérée tant la disproportion est importante.

    Dans les deux cas, il n’y a pas de témoin féminin qui accréditerait une autre thèse. Les témoins sont passifs, n’expriment aucun sentiment apparent de rejet, ou de doute, ce qui ajoute à la banalisation de cette violence. Cath a d’ailleurs très bien analysé la première scène. La victime en outre n’est pas abîmée : pas de sang, pas cris, pas de larmes, alors, où est donc la violence ?

    La photo que j’ai publiée, me semble encore plus explicite. Elle se situe “au point de non retour”. Le lieu d’abord : ici un endroit reculé. Les deux protagonistes ensuite : le complice maîtrise totalement et très facilement la fille, encore une fois sans émotion apparente, pendant que le meneur tout à son affaire, car libéré de cette contingence, s’amuse avec “sa proie” qu’il tient au boût des fils comme une marionnette en faisant durer “le plaisir” sadique.

    La victime enfin, se résigne-t-elle ? Son visage exprime une souffrance contenue qui confine en effet à la résignation. Elle n’a aucun secours à espérer. Encore cette souffrance serait-elle équivoque du point de vue masculin car tant sa posture que sa tenue érotique jettent le trouble et sous-tendent inévitablement la sempiternelle question du degré implicite de consentement de la victime qui induit celle du plaisir partagé.

    Elle n’est pas trainée par terre dans les cailloux les genoux ensanglantés - en vrai c’est comme ça que ça se serait probablement passé mais je vous l’accorde ce serait moins “esthétique” donc moins vendeur.

    Si je me suis permis de détailler, c’est bien pour faire toucher du doigt, à ceux qui en douteraient encore, combien cette vision esthétisée et érotisée de l’agression sexuelle pose problèmes. A mon avis, elle est autrement plus dangereuse que la production classée X qui ne s’affiche pas sur la voie publique, pour laquelle au moins, encore un fois, on sait parfaitement où l’on se trouve.

  21. zablo dit :

    Mox Folder : Enfin, je trouve très limite d’établir une relation de cause à effet entre une affiche publicitaire et des violences qui se déroulent au quotidien.

    Ouf ! Merci :-)
    Et ceux qui franchissent cette limite bascule dans des affirmations invérifées. Hélas, c’est un classique du genre. Je me permets de vous renvoyer à cette séquence discussion sur le terme pornographie dans wikipedia. Inutile que je paraphrase tout est dit.

    Post-scriptum qui n’a rien à voir (quoique) : Mox, je viens de lire ton commentaire (en tout cas je suppose que c’est toi aussi avec le pseudo Moose) sur l’excellent billet de Fred Cavazza consacré au déclin de Second Life (Pourquoi je ne crois plus en SecondLife) et je propose pour mettre enfin tout le monde d’accord d’enfermer D&C dans SecondLife à titre de punition exemplaire :-)

  22. marcus dit :

    Cath publie sur Planetargonautes un communiqué de la société D&C.

    ROME - 06 mars 2007 20:23 - Les stylistes italiens Domenico Dolce et Stefano Gabbana ont annoncé qu’ils retirent dans le monde entier une publicité controversée qui a été frappée d’interdiction en Italie. Ils ont précisé qu’ils n’ont jamais voulu “offenser ou créer de polémique”.
    La publicité, montrant une femme froidement plaquée au sol par un homme a été interdite en Italie par l’Institut d’autodiscipline publicitaire, car elle “offensait la dignité de la femme” et représentait “de façon humiliante” une figure féminine “au regard absent, soumise à la volonté d’un homme”, selon l’Institut.
    Fin février, la maison de couture italienne avait déjà décidé de retirer cette publicité en Espagne, notamment après avoir été accusée de “violence machiste” par l’Institut espagnol de la femme.
    “Après les récentes critiques sur notre campagne publicitaire, nous avons décidé d’annuler, dans la limite des possibilités des imprimeurs, la publicité qui a eu de telles répercussions chez plusieurs personnes ou groupes de personnes”, indiquent les deux stylistes dans un communiqué de presse.
    “D’un point de vue commercial mais aussi personnel, nous avons cherché à recréer un jeu de séduction dans la campagne publicitaire et à mettre en valeur la beauté de nos collections: nous n’avons jamais eu l’intention de créer de polémique, d’offenser qui que ce soit ou encore de promouvoir la violence envers les femmes d’une quelconque façon”, soulignent-ils.

    -fin du communiqué-

  23. marcus dit :

    Tiens ! En Italie, ils ont un institut d’autodiscipline publicitaire. C’est donc bien la profession qui régule cela en interne.

  24. Cath dit :

    Bonjour

    Une certaine forme de confusion me semble régner ici.
    Excusez-moi si je me trompe.

    Mais entre le sexe entre adultes consentants (Zara White, Rocco et autres) et la mise en scène d’une situation dont une partie des protagonistes ne sont pas consentants (femmes, enfants, hommes également !), nous ne parlons pas des mêmes choses !

    Le viol, l’agression, l’assassinat, sont des actes universels d’une certaine nature qui n’ont rien à voir avec la dérision de croyances religieuses (en référence aux caricatures de Mahomet) ou avec des pratiques sexuelles de toutes natures en toute connaissance de cause.

    Je n’arrive pas à comprendre un tel amalgame.

    Au nom de la liberté d’expression, donc, autorisons la mise en scène de “snuff movies” comme je l’indiquais plus haut, à des fins commerciales ou autres.
    Et pourquoi ne pas proposer vos enfants pour le casting ?

    Il existe des comités d’éthiques dont l’objet est justement de travailler sur la question de la limite, de la nuance. Ils font plus ou moins bien leur boulot.

    Mais avons-nous besoin d’eux pour faire la différence entre “la liberté d’expression” et “l’apologie du crime” ?

    ???

  25. Dom dit :

    Tant mieux !! Mais je persiste, je n’aurais pas aimé qu’on interdise une telle publicité. Le viol que tu décris Marcus peut aussi être interprété comme un jeu sexuel SM, c’est libre. Même si je suis d’accord avec vous, Marcus, cath et Mimie, je reste convaincue que la liberté d’expression ne se négocie pas.
    Et je reste également convaincue qu’on peut mettre sur le même plan la croyance religieuse et l’image de la femme. Si pour moi, athée, l’image détournée de la religion ne me parle pas tandis que l’image dégradée de la femme me choque, je suis convaincue que pour une personne profondément attachée à la religion cela n’est pas le cas et je peux comprendre qu’il en soit blessé comme je le suis de la représentation de la soumission d’une femme.
    Mais si je me dis attachée à la liberté d’expression quand on caricature Mahomet ou jésus, je me dois d’avoir les mêmes principes quand on touche à l’image de la femme. Il ne peut y avoir deux poids deux mesures.

  26. zablo dit :

    Cath : Une certaine forme de confusion me semble régner ici.
    Excusez-moi si je me trompe.

    Mais entre le sexe entre adultes consentants (Zara White, Rocco et autres) et la mise en scène d’une situation dont une partie des protagonistes ne sont pas consentants (femmes, enfants, hommes également !), nous ne parlons pas des mêmes choses !

    Tu es toute excusée ;-)
    Effectivement tu te trompes. Où sont les protagonistes non consentants dans l’affaire qui nous occupe ? La femme mannequin plaquée au sol dans cette publicité ? Je suppose donc que ce n’est pas de cela que tu parles. Il ne peut donc s’agir dans ton esprit que d’images figurant, par exemple sur le net , mettant en scène contre leur consentement, sous toutes sortes de menaces et de violences des personnes non consentantes : mineurs, femmes, hommes aussi.

    Mais dans ce cas on parle de toute autre chose ; de la répression de crimes effectivement constitués et pour lesquels personne ici ne remet en cause non seulement la nécessité d’activer toutes les ressources de la loi, de l’action policière et judiciaire et, enfin, de la vigilance de la société toute entière. Des crimes pour lesquels, je l’imagine aussi, nous avons tous conscience que ces moyens sont souvent trop faibles ou trop faiblement activés contre le crime. Encore une fois, c’est un autre sujet.

  27. Cath dit :

    Excuse moi, Zablo, mais en l’occurrence, je ne me trompe pas : l’affaire qui nous occupe tant est la représentation d’un crime, pas la photo elle-même.

    Je ne parle pas non plus “d’images” sur le net.
    Pas besoin d’aller chercher midi à quatorze heures. Mon dieu, que vous me semblez compliquer tout, alors que c’est tellement simple.

    En France, une femme meurt tous les 3 jours sous les coups de son homme !

    Pas plus loin que dans ma famille, mon cher cousin, friqué et “éduqué”, tapait sur sa femme, et surtout lors de ses grossesses (elle a eu 3 enfants malgré tout).

    Je me suis fâchée avec toute cette branche pourrie de cette famille de merde à laquelle personne n’osait dire quoi que ce soit (gros industriels, fric et influence) et témoigné au divorce. Les enfants sont paumés, ma cousine est en vrac pour des années.

    C’est pas des images sur le net, ce sont des réalités.

    Imagine un peu le tollé si tu remplaces le mot “femme” par “juif”, “arabe”, ou “black”.

    Désolée pour la liberté d’expression mais on ne peut admettre de compromis avec la violence exercée sur les “faibles” (et quelque soit leur âge, leur sexe et leurs croyances), image artistique ou pas image. Nom d’un chien.

    Je parlais des snuff movies qu’on devrait détourner pour vendre de la corde ou des sucettes. Et pourquoi pas de l’image artistique d’excision ou de décapitation (en Irak, on en trouve tant qu’on veut), pour vendre des couteaux à pain ou des bonnets de laine ?

    Tout ceci va nettement plus loin que la violence faite à une conviction, philosophique, religieuse ou politique. Sauf quand elle entraine la mort bien entendu…

  28. Cath dit :

    @ Dom, je ne puis être d’accord avec toi car, ainsi que je tente de l’expliciter de toutes les manières possibles, il n’est pas question ici de censure ou d’atteinte à la liberté d’expression, il est question de mise en scène artistique d’une situation tragique dont les femmes commencent, à peine, à oser parler de nos jours… !

    Explique moi comment tu peux mélanger la question des caricatures ou les blagues de blondes ou les provocations en tous genres avec la mise en scène d’un crime pour faire vendre des robes ?

    Une campagne d’images chocs va commencer sur nos écrans concernant la maltraitance faite aux femmes.

    Dom, ainsi que Zabo, allez vous faire l’amalgame entre ces images destinées à choquer, ouvrir les consciences, délier les langues et faire avancer le monde et les âneries de D&G. Non, je me doute bien que non.

    Amicalement

  29. Mox Folder dit :

    Cath, je t’assures que je ne fais aucun amalgame et je me demande si ce n’est pas toi fond qui est en plein amalgame… Pourquoi parler de “snuff movies” ? quel est le rapport ? Ferais-tu un rapprochement entre un “snuff movie” et ce genre de publicité ?

    Puisque tu parles de confusion des genres : Oui la pornographie se fait - en théorie - entre adultes consentants. On sait très bien que ce n’est pas un milieu rose non plus ou tout le monde il est gentil, même si c’est ce qu’on aimerait nous faire croire via des ambassadeurs de chocs et de charme comme Rocco Siffredi ou encore Clara Morgane et son journal de hard. Quand on invite des stars du X dans une émission grand public à une heure de grande écoute on n’est plus dans le porno on est dans l’entertainment.

    Si j’ai voulu apporter une précision entre porno et porno-chic c’est parce que j’ai lu des commentaires qui disaient que les deux mots étaient indissociables, qu’on ne pouvait pas associer porno et chic, que le porno ne pouvait pas être chic.

    J’ai bien compris ce qui te gêne dans ces affiches. Personnellement je n’ai pas d’avis tranché sur la question sauf que je n’y vois nullement une apologie au crime ou au viol (là c’est purement subjectif, je conçois volontiers que certains puisse âtre choqué par ce qu’ils voient).

    D’une manière générale je suis contre tout forme de censure ou d’interdiction. Tu parlais sur ton blog d’esprit critique je crois. Oui on a la chance d’habiter dans des sociétés qui nous offrent certaines libertés, dont la liberté de mettre en scène un viol ou tout autre crime. On vit aussi dans des états de droit qui encadrent ces mises en scène (pas d’apologie). On a aussi la liberté d’apprécier, d’être choqué ou même indifférents et d’en débattre et c’est ça qui est bien fond. C’est comme ça en partie qu’on se forge notre esprit critique.

    Ce qui serait inquiétant à mes yeux serait qu’on ôte cette liberté de mettre en scène, de créer de raconter… L’année dernière un élu avait porté plainte contre un rappeur qui avait eu des paroles insultantes envers la France dans une de ses chansons. Je trouve ça bien qu’un artiste quel qu’il soit s’exprime, c’est son droit (pour ne pas dire son devoir), et ce quel que soit son propos. D’un autre coté c’est aussi bien qu’un élu en tant que citoyen dénonce ces propos : de là né le débat.

    Tant qu’il y aura des gens qui se battront pour faire interdire tel affiche, tel film, tel jeux videos, tel chanson, moi je me battrai pour que ces concepteurs, créateurs, écrivains de publicité, film, chansons, etc puissent continuer à exercer leur art ou leur métier.

    Notre esprit critique se forge par rapport à notre propre expérience, que restera t-il demain lorsque tout nos films, livres, publicités, affiches, jeux vidéos seront consensuelles à l’extrême afin de ne froisser personne ? Que restera-il de notre esprit critique lorsque nous verrons tous les mêmes images policées sans sexe, ni violence, ni crime ?

    Zablo > oui c’est bien moi je suis un peu schyzo ;o)

  30. zablo dit :

    Cath : Excuse moi, Zablo, mais en l’occurrence, je ne me trompe pas : l’affaire qui nous occupe tant est la représentation d’un crime…

    Là, je ne sais (presque) plus quoi dire. Tu nous confirmes bien que c’est la représentation que tu combats et non pas seulement le crime lui-même. Dans ces conditions brûlons tous les livres et tout Shakespeare pour commencer qui se complaisait à raconter tant de crimes affreux. Plus coupable encore que D&C puisque, lui, le faisait avec le talent qu’on lui reconnait ce qui serait beaucoup plus redoutable encore en terme de contagion si j’entrais dans ton raisonnement.

    Seulement, de même que la peine de mort n’a jamais été un élément de dissuasion pour le meurtrier de même, à l’inverse, ton cher cousin, friqué et “éduqué” n’est pas devenu ce qu’il est par l’influence de quelque représentation que ce soit. Je suis désolé d’être ainsi péremptoire mais c’est une idée fausse.

  31. Cath dit :

    @ Zablo : je combats ET le crime ET sa représentation.
    Ou alors, je parle du fond d’un puit et suis totalement inintelligible.
    Mince alors !!! ;)

    Si mon “cher” cousin n’a pas eu besoin d’exemple en 4X3 sur les murs de Paris pour tabasser sa femme (qui malgré tout continuait à l’aimer, la pauvre), je peux te dire qu’il a pris goût à certaines choses en fréquentant certains milieux.

    Tu me répondras, il avait une inclinaison naturelle pour cela.
    Sans doute oui.
    Mais en fréquentant d’autres personnes du “beau monde” qui s’adonnait sans limites (car pouvant couvrir leurs arrières) à certaines pratiques, ses derniers repères ont certainement été mis au clou.

    Enfin, il n’est pas question ici d’enfourcher les grands mots, les chevaux de batailles et les autodafés, mais simplement d’interdire une image qui, sous prétexte de vendre des robes (once again), met en scène une tournante.
    En la sublimant, la rendant chic et tendance.
    En suggérant que ce peut être beau une tournante.
    Why not dear oh dear ?

    @ Mox Folder, si tu ne vois pas le rapport entre une scène de viol “artistique” et une scène de torture et de crime type snuff, qui après tout est une oeuvre cinématographique aussi, mise en scène artisitiquement avec de jolis effets, et bien tant pis.
    Tu n’en mourras pas, moi non plus. Le principal est de pouvoir continer à se parler.

    Que tu te battes pour que les créateurs, artistes et visionnaires puissent excercer leur art en tout liberté, je suis la première à soutenir ton combat, à signer ce que tu veux, à me coucher sur le trottoir et à manifester jours et nuits s’il le faut.

    La question est : est-ce que ça, c’est de l’art ou du cochon ?
    Désolée pour le mauvais jeu de mots pour fait insulte à la race porcine :)

    Bon écoutez, je crois que nous avons des points de vue divergents, mais sommes tous des gens de bonne volonté et de convictions, qui n’avons pas peur de les dire haut et fort. C’est formidable et c’est la chance que nous avons quand nous pouvons le faire sur un blog de qualité.

    Comme tu dit Mox, de là nait le débat et du débat la lumière… parfois :)

    Très bonne fin de journée !

  32. Mox Folder dit :

    Cath le snuff est un genre à part, c’est une pratique underground dont d’ailleurs la réalité et fortement remise en cause. Donc non je ne vois pas de rapport entre un snuff et une affiche comme celle dont on parle actuellement et pour laquelle il y a un commanditaire facilement identifiable (Dolce & Gabbanna) un photographe, des modèles, etc et un réseau de diffusion légale et reconnu (publicité dans les magazines et affichages)…

  33. felix ntwari dit :

    c est bon de signer des pétions mais c est aussi difficile de se retenir devant une jolie femme nue….huuuuum

  34. citoyenne dit :

    nouveau blog à visiter d’urgence

    Une féministe vient de créer son blog que je trouve de très bon niveau. Elle a été choquée par les propos de dubec EXPERT PSYCHIATRE QUI JUSTIFIE LE VIOL et reprend notamment de façon la plus complète possible les infos s’y rapportant. Lucidité, humour, qualité des images : ce blog est à visiter d’urgence. Voici le lien :
    http://lepsyquijustifieleviol.over-blog.com