Les 50 ans de l’Europe
Comme le temps passe.
La célébration du 50e anniversaire du Traité de Rome a été marquée par la volonté de relance des dirigeants européens [comprendre les dirigeants des institutions européennes]. Dimanche, à Berlin, un texte se fixant pour objectif de sortir de l’impasse institutionnelle avant 2009 a été adopté.

Il est probable que j’en reparlerai ici au vu du texte de cette déclaration et que je vous proposerai d’échanger à nouveau à ce sujet au fil de l’évolution de ce qu’il faut bien appeler la mise au point d’une solution de rechange au TCE.
Je vous propose deux liens sur le site Europa, pour faire le point sur :
et de lire la déclaration de Berlin du 25 mars 2003 :
Déclaration à l’occasion du cinquantième anniversaire
de la signature des Traités de RomePendant des siècles, l’Europe a été une idée, un espoir de paix et de compréhension. Cet espoir s’est aujourd’hui concrétisé. L’unification européenne nous a apporté la paix et la prospérité. Elle a créé un sentiment d’appartenance commune et permis de surmonter les antagonismes. Chacun des États membres a contribué à l’unification de l’Europe et à la consolidation de la démocratie et de l’état de droit. C’est grâce au désir de liberté des hommes et des femmes d’Europe centrale et orientale que nous avons pu mettre un terme définitif à la division artificielle de l’Europe. L’intégration européenne nous a permis de tirer les leçons de conflits sanglants et d’une histoire douloureuse. Aujourd’hui nous vivons unis, comme jamais nous n’avons pu le faire par le passé. Notre chance pour nous, citoyennes et citoyens de l’Union européenne, c’est d’être unis.
I. Nous mettons en œuvre nos idéaux communs au sein de l’Union européenne. L’homme est au cœur de notre action. Sa dignité est inviolable. Ses droits sont inaliénables. Femmes et hommes sont égaux.
Nous aspirons à la paix et à la liberté, à la démocratie et à l’état de droit, au respect mutuel et à la responsabilité, à la prospérité et à la sécurité, à la tolérance et à la participation, à la justice et à la solidarité.
La manière dont nous vivons et travaillons ensemble dans le cadre de l’Union Européenne est unique en son genre, comme en témoigne la coopération démocratique des États membres et des institutions européennes. L’Union européenne repose sur l’égalité des droits et la solidarité. Ainsi, nous concilions de manière équitable les intérêts des différents États membres.
Nous protégeons l’identité et les traditions diverses des États membres au sein de l’Union européenne. Les frontières ouvertes et la formidable diversité de nos langues, de nos cultures et de nos régions sont pour nous source d’enrichissement mutuel. Nombreux sont les objectifs que nous ne pouvons atteindre qu’ensemble, et non pas seuls. Les tâches à accomplir sont réparties entre l’Union européenne, les États membres et leurs autorités régionales et locales.
II. Nous devons relever de grands défis qui ignorent les frontières nationales. Notre réponse, c’est l’Union européenne. Ce n’est qu’ensemble que nous pourrons préserver notre idéal européen de société dans l’intérêt de tous les citoyens de l’Union européenne. Ce modèle européen concilie réussite économique et solidarité sociale. Le marché unique et l’euro nous rendent forts. Nous pouvons ainsi maîtriser, dans le respect de nos valeurs, l’internationalisation croissante de l’économie et une concurrence de plus en plus vive sur les marchés internationaux. L’Europe est riche des connaissances et du savoir-faire de ses citoyens; c’est la clé de la croissance, de l’emploi et de la cohésion sociale.
Nous lutterons ensemble contre le terrorisme, la criminalité organisée et l’immigration illégale, tout en défendant les libertés et les droits des citoyens y compris contre ceux qui les menacent. Jamais plus le racisme et la xénophobie ne doivent avoir une chance de s’imposer.
Nous nous mobilisons pour que les conflits dans le monde se règlent de manière pacifique et que les hommes ne soient pas victimes de la guerre, du terrorisme ou de la violence. L’Union européenne veut encourager la liberté et le développement dans le monde. Nous voulons faire reculer la pauvreté, la faim et la maladie et continuer de jouer un rôle majeur dans ce domaine.
Nous avons la ferme intention de progresser ensemble dans le domaine de la politique énergétique et de la protection du climat et contribuer à la lutte contre la menace que fait peser le changement climatique sur la planète.
III. L’Union européenne continuera à se nourrir à la fois de son ouverture et de la volonté des États membres d’approfondir son développement interne. Elle continuera de promouvoir la démocratie, la stabilité et la prospérité au-delà de ses frontières.
Grâce à l’unification européenne, le rêve des générations précédentes est devenu réalité. Notre histoire nous commande de préserver cette chance pour les générations futures. Il nous faut pour cela toujours adapter la construction politique de l’Europe aux réalités nouvelles. C’est pour cette raison qu’aujourd’hui, cinquante ans après la signature des traités de Rome, nous partageons l’objectif d’asseoir l’Union européenne sur des bases communes rénovées d’ici les élections au Parlement européen de 2009.
Car nous le savons bien, l’Europe est notre avenir commun.
Pour faire le lien avec notre débat de politique intérieure…
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L’un des clivages les plus importants de l’élection présidentielle 2007 est la décision de poursuivre ou non la voie référendaire pour l’avenir institutionnel de l’Europe. A cet égard, je rappelle la décision unilatérale de Nicolas Sarkozy de squizer le peuple en passant par la voie parlementaire, s’il était élu président de la république. |
Avec son programme fiscal, son politishow sur l’identité nationale, c’est à mes yeux, le troisième élément rédhibitoire concernant sa candidature.
(Affaire à suivre…)

26 mars 2007 at 9:21
En marge de cette discussion que tu lances et pour laquelle je n’ai aucune compétence, j’ai été profondément choquée de la photo de famille européenne, parmi tous les costumes gris ou noir, une seule tache de couleur, Angela Merkel. Une seule femme.
Et on parle de modernité de l’Europe ? D’avancée ?
26 mars 2007 at 12:55
Tu as raison, Dom, mais pour le coup notre Angela Merkel à nous s’appelle François Bayrou.
26 mars 2007 at 17:31
Et oui, Nicolas Sarkozy a un gros défaut, c’est qu’il n’est pas gaulliste ! tant sur sa conception de la démocratie que sur l’esprit de l’Europe… Il se défend pourtant de vouloir faire ratifier le TCE dans le dos des partisans du non en arguant que le mini-traité ne reprendrait que les points institutionnels qui ne font pas débat ! De son côté, je crois que Angela Merkel a réaffirmé qu’il est hors de question de faire passer des mini-traités… Pas facile hein ?
26 mars 2007 at 19:14
Pas facile en effet Mimie, mais la construction européenne n’a jamais été facile.
Pour en revenir au fond de cette déclaration, Angela Merkel a bien raison de dire que ce qui nous rassemble est plus important que ce qui nous divise et quand c’est elle qui le dit, cela prend du sens.
Face au risque de montée des nationalismes, il importe de trouver un compromis institutionnel.
Je crois que je vais suivre de près la suite qui sera donnée à cette déclaration.
J’ai cru comprendre que la presse américaine avait fait l’éloge de l’Europe.
27 mars 2007 at 22:00
Le problème est encore plus compliqué que celui de savoir comment on refait passer un texte.
Le non français a porté sur la partie III, c’est à dire le coeur du projet européen. La vérité c’est que l’Europe est morte tant qu’elle n’a pas réformé son projet ou qu’elle ne s’en est pas doté d’un nouveau.
C’est d’ailleurs bien comme cela que j’ai interprété la déclaration de l’anniversaire. L’enjeu de 57 c’était la réconciliation. Désormais c’est la mondialisation. On ne fera croire à personne qu’on peut maîtriser “la concurrence de plus en plus vive sur les marchés internationaux” avec un grand marché unique non protégé. Comme je l’ai écrit aujourd’hui, ce serait aussi efficace que de vouloir lutter contre le trafic automobile en construisant une autoroute …
28 mars 2007 at 9:30
Brillante analyse dans ton article l’Europe est morte.
Mais quand tu dis (chez moi) que “Le non français a porté sur la partie III” je crois qu’il faut rester prudent sur la capacité d’analyse de nos contemporains.
Car même si le score du référendum était net et même si c’était probablement le cas pour les plus convaincus qui ont probablement fait la différence par une campagne active sur le Web.
Il faut se souvenir que ce référendum arrivait après le référendum tangent de Maastricht ou Mitterrand avait pesé de tout son poids, simultanément avec le désastreux projet de directive Bolkenstein, après les conséquences (réelles et/ou ressenties) de l’Euro sur les prix, et avec l’emballement de l’élargissement des frontières de l’UE avec, en arrière plan, la perspective d’intégration de la Turquie.
Ajouté à cela qu’il s’agissait d’un texte d’experts manquant de lisibilité, et pour cause, car c’était en grande partie une compilation des traités passés. Et puis ce mot malheureux de constitution (dont s’est emparé non sans raisons, Etienne Chouard, par exemple). Le tout dans un calendrier politique national où le vote sanction a fortement joué.
Prudence donc, car où est ce NON (auquel j’ai contribué par mon vote) aujourd’hui ? Ni les souverainistes à droite, ni la gauche anti-libérale ne semblent pas parvenir à le capitaliser. Ni même Fabius à l’évidence. Alors prudence. Est-ce seulement le souci de ne plus confondre les débats politiques ou le syndrome du vote utile ? j’ai du mal à le croire. Disons qu’il est atomisé sinon contradictoire.
Je partage ta conviction sur la nécessité d’une nouvelle donne économique mondiale et européenne qui reste cependant l’échelon pertinent. Mais je m’interroge tout de même aujourd’hui sur le point de savoir s’il ne faudrait pas pour cela doter les organes européens d’institutions lisibles lui donnant une capacité d’action pour les 50 ans à venir. J’avais vu le TCE comme une perte de souveraineté et la règle de l’unanimité comme une garantie. Loin de nous permettre de nous opposer à ce qui ne nous convient pas elle a surtout permis aux plus libéraux de maintenir le statu-quo qui leur convient parfaitement.
La Nation enfin, elle serait à la ramasse ? Je n’en suis pas si sûr quand je vois les grands élans de fraternité et de communion autour de la coupe du monde de foot par exemple ou chacun se retrouve avec l’autre autour du drapeau ce qui ne veut pas dire évidemment qu’il n’y a pas de problèmes à régler. Elle ne demande qu’à ressurgir, minée qu’elle est par la crise de l’emploi, et la montée du racisme aussi. Mais ce n’est pas par des déclarations à l’emporte pièce des candidats à la présidentielle et par des appropriations partisanes en campagne électorale que ces problèmes pourront être réglés, bien au contraire.
Je fais d’une pierre deux coup je mets ce commentaire sur nos sites respectifs.
28 mars 2007 at 10:34
Marcus était aussi un charment bébé d’amour et l’est demeuré….
28 mars 2007 at 10:35
“charment” est la contraction de charmant et ardent