La loi de l’emmerdement maximum.
Décidément, je n’aimerais pas être l’armateur ni l’assureur de ce navire.
Après l’échouage, c’est un violent incendie qui s’est déclaré sous le pont en partie découpé du Rokia Delmas.
Bref, la loi de l’emmerdement maximum se vérifie une fois encore.

Hier, vers 16 heures, l’officier de marine, représentant les intérêts de l’Etat sur le Rokia Delmas a prévenu le centre des opérations maritimes de Brest qu’un feu venait de se déclarer à bord.
Ce feu se situait au niveau du pont 3, sur les piles de bois en contreplaqué situées à bâbord (sur toute la hauteur du pont).
L’origine accidentelle de ce feu est due à l’oxydécoupage du pont 4 (directement en contact avec le bois). Aussitôt, les bouteilles d’oxygène et d’acétylène ont été transférées sur la barge Missing Link, ainsi que le personnel qui ne présentait aucune utilité à bord.
Les moyens de lutte contre l’incendie étant insuffisants à bord, ils ont été amenés par voie de mer ou héliportés (hélicoptère Dragon 17 de la sécurité civile, hélicoptère Dauphin de la marine nationale et Super-Frelon de la marine nationale).
Le préfet maritime de l’Atlantique a ordonné à l’Abeille Languedoc de se poster à proximité pour prêter son concours (moto-pompes).
C’est une équipe composée de 20 pompiers (14 sapeurs-pompiers de La Rochelle et 6 marins-pompiers de Brest) placés sous le commandement d’un officier du SDIS 17 qui a oeuvré contre cet incendie.
En fin d’après-midi le feu était contenu (ne pouvait pas s’étendre) au pont 3 et toute la nuit les pompiers ont lutté en arrosant les piles de plaques de contreplaqué et en projetant des produits émulseurs.
Cette action a été complétée par l’arrosage de la cale au canon à eau depuis le reporqueur Bison.
A 06h00 ce jour, le feu était maîtrisé. Il reste jusqu’à ce soir sous la surveillance des pompiers car un engin de déblaiement a été embarqué en début d’après-midi pour évacuer le bois et les débris et atteindre le coeur de l’incendie (pour le noyer si nécessaire).
Il est à signaler qu’aucune pollution ni irisation n’est apparue, si ce n’est quelques traces de suie dues aux volutes de fumée qui ont rapidement disparu.
Cet incendie n’a eu aucune incidence apparente sur la structure du navire. Le temps perdu pour la poursuite de ce chantier est estimé à 48 heures.
La grue-barge Rambiz est arrivée des Pays-Bas et devrait profiter de la fenêtre météorologique favorable pour commencer à enlever un à un les éléments pré-découpés des superstructures, avant dimanche 8 avril. (Source préfecture maritime de l’atlantique 03/0/07)
4 avril 2007 at 9:01
J’attendais le compte rendu de cet incendie sur ton blog depuis qu’ils ont donné l’info au 20h00.
Chose faite.
La loi de Murphy prend pour cible l’île de Ré ?
4 avril 2007 at 16:16
Merci pour cette info, Marcus. Quel titre ! Tu as un art certain pour brosser l’inénarrable avec flegme et un certain humour anglais ou anglo-charentais ?
Aucune trace de pollution lié à ce fait .. d’armes, mais au vu des moyens utilisés, pas mal de pétrole brûlé. Evidemment, le choix n’existait pas.
4 avril 2007 at 22:45
Je rougis de tes compliments Élise. Venant d’une femme de lettres et d’esprit, je n’en suis pas peu fier.
Je me tiens informé de l’évolution du problème posé par cet accident maritime qui attire pas mal de curieux sur la côte. J’ai toujours pensé dès le départ, qu’il serait bien difficile de le renflouer.
5 avril 2007 at 10:36
“OS” :
J’aime les bananes, car y’a pas d’os dedans !
5 avril 2007 at 16:16
Hello
Je ne suis pas sure que ce ne soit pas pour nous que l’emmerdement soit maximum. D’après ce que j’ai entendu (mais pas vérifié je l’avoue), ce navire est désormais considéré comme une épave et donc à la charge de … l’état.
Je suis sûr que tu en sais plus que moi sur le sujet et que tu pourras m’éclairer
merci
Sandrine
5 avril 2007 at 18:24
Bonjour Sandrine,
Sur le plan juridique :
Le bâtiment a été déclaré en perte totale par la CMA-CGM et ses assureurs ce qui a pour seul effet de faire jouer des clauses d’assurance.
La CMA-CGM reste propriétaire du navire et responsable de son enlèvement.
Les assureurs couvrent l’ensemble des coûts de l’opération jusqu’à l’enlèvement.
Tu en auras la confirmation ICI sur le communiqué de la préfecture maritime de l’Atlantique.
6 avril 2007 at 16:37
A mon tour de rougir, Marcus. Réflexion : Est-ce de la désinformation ou est-ce que notre littoral atlantique est plus exposé que la côté d’Azur et Vermeille ? Plus de marchandises (puisque qui dit marchandises, dit cargo) y transitent peut-être ?
6 avril 2007 at 19:59
La densité est évidemment un facteur de risque.
Il y a plusieurs choses à considérer : l’importance du trafic maritime, la nature des produits transportés, la configuration des lieux, les conditions de navigation, la sensibilité particulière de certains milieux marins, car l’océan Atlantique a certainement une meilleure capacité à se relever d’une catastrophe écologique que la mer Méditerranée, ce qui ne change rien cependant aux préjudices économiques induits.
Pour les secteurs maritimes accidentogènes ou préoccupants, citons par exemple : sur le rail d’Ouessant, le pas de Calais, et les bouches de Bonifacio.
D’une manière générale, le golfe de Gascogne n’a pas la réputation d’être une mer tranquille.
Mais un accident peut survenir n’importe où.
En l’occurrence, pour le Rokia Delmas, (encore heureux que ce navire n’était pas un pétrolier), il y a eu une avarie trop près des côtes pour que les secours aient le temps de lui porter assistance. Manque de chance il s’est posé sur le plateau rocheux qui a endommagé sa coque. Assez rapidement, il est apparu qu’il ne serait pas permis de sauver le navire, d’autant, qu’avant toute chose, il aura fallu le délester de sa cargaison.
J’espère, en généraliste que je suis, avoir pu éclairer ta lanterne.
8 avril 2007 at 9:34
Loi de Murphy > http://fr.wikipedia.org/wiki/Loi_de_Murphy
Merci Dom de nous rappeler les grands principes de la physique de base !!!
:)