Ma très chère île



Les agences immobilières poussent comme des champignons. Le micro-marché immobilier de l’île de Ré, avec ses terrains constructibles qui se réduisent comme peau de chagrin, continue de s’emballer et semble bien à l’abri d’un retournement de conjoncture. La perspective du grand désastre climatique semble encore lointaine et n’alarme donc pas encore les investisseurs.

Il resterait entre 125 et 165 hectares de terrains constructibles soit un potentiel de 2000 logements environ ce qui n’est pas sans poser de graves interrogations sur la capacité d’accueil de l’île dont la détermination est imposée par la loi littoral et que les élus vont devoir réévaluer.

C’est ce qui ressort du journal le Phare de Ré du 13 juin 2007 qui précise que ce foncier constructible encore disponible pourraient représenter un patrimoine foncier frôlant le millard d’euros selon une estimation haute réalisée avec un prix du terrain au mètre carré de 750 euros.

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Sur la première page on peut aussi lire à la rubrique LOGEMENT qu’il manquerait 400 logements sociaux pour répondre à la demande rétaise. Ceci est notre histoire mais ils sont encore trop nombreux à penser ici que c’est au contraire “une autre histoire”…

Pourtant l’avenir de l’île de Ré, démographique (écoles) économiques (maintien des activités) dépend plus sûrement de la construction de ces 400 logements sociaux - pourvu qu’ils restent bien dans le secteur locatif à l’abri de la spéculation immobilière - que du énième programme immobilier ou de la construction de résidences secondaires luxueuses.

La construction tardive du pont de l’île de Ré lui a probablement évité le “Mur de Merlin” qui s’édifia sur la côte vendéenne au début des années soixante-dix. Mais le mur de l’argent et la tentation du laisser-faire sont tout autant redoutables si l’on n’y prend garde.

C’est peut être aussi à cela que pourrait servir une écotaxe que j’espèrerais voir réévaluée par le Parlement, afin d’assurer le maintien du péage à long terme et rétablir les équilibres du débat en redonnant aux collectivités locales les moyens d’un interventionnisme foncier permettant de mener une véritable politique d’aménagement, de mise en valeur et de conservation durable du territoire et de garder une population permanente jeune et dynamique au pays. Enfin, c’est juste mon avis.

8 réponses à “Ma très chère île”

  1. panicaut dit :

    L’autre jour je passais devant la vitrine d’une agence immobilière et je me suis arrété pour lire les annonces. En voyant les prix je me suis dit “tiens ils reviennent aux francs, quelle idée” mais non il s’agissait bien de prix en euros. Mais tout était au dessus du million!! Il y a déjà des classes primaires qui ferment, mais j’ai peur que le collège soit lui aussi prochainement contaminé. Nous aurons bientot une piscine mais plus de jeunes pour s’y baigner. Il suffit de regarder le nombre de personnes travaillant sur l’ile à l’année et qui habitent sur le continent pour se rendre compte qu’il y a un réel problème. Je ne parle pas des commerçants qui viennent tous les jours du continent… Il faut trouver des solutions pour garder des jeunes foyers dans l’ile, logement social mais peut être la création de zones aidées pour l’accession à la propriété moyennant certaines garanties pour éviter la spéculation.

  2. Manou dit :

    En gros je gagne au loto avant d’envisager d’être voisine de l’auguste Marcus ;o))

  3. elcab1 dit :

    Compte tenu des prix pratiqués sur l’île, c’est à peu près ça.:)

  4. marcus dit :

    Sur les flux de circulation générés par cette situation immobilière, je suis parfaitement d’accord avec Panicaut, je les constate chaque matin.

    Selon Pascal Frigière, agent immobilier, le marché immobilier se stabilise (comprendre ça augmente mois vite). Extrait :

    Comment voyez-vous le marché évoluer ?

    Comme toutes les années électorales, on assiste à un ralentissement du marché. Les prix ne baissent pas, c’est la hausse qui ralentit. Tout ce qui est hors des prix du marché, ne se vend plus. L’offre est assez importante car le turn-over est régulier. Les gens ne quittent pas pour autant l’île de Ré. Ils vendent pour acheter plus petit ou plus grand, suivant ainsi l’évolution de leurs besoins. Une fois adoptée, cette île ne se quitte plus !

    Lire l’interview en intégralité.

  5. marcus dit :

    > Manou : si tu gagnes au loto et que tu viens habiter ici, tu seras ma très chère voisine. :-)

  6. missrainette dit :

    eh ben moi je sais qu’il y a une maison de ville, en plein ars, près de la boulangerie, 140 m² à vendre, 450 000 €; là comme ça, ça me serait difficile, mais ça reste correct…
    Nous pensons lancer une souscription du côté de bordeaux …

  7. marcus dit :

    Plein centre, près de l’église et à deux pas de la maison de Lionel Jospin. C’est la classe ! :-)
    Considérant la surface et la situation c’est plutôt un bon prix pour Ars.

    J’ai montré sciemment le haut de gamme pour illustrer le décalage, encore que parfois, on lit aussi la mention “nous consulter” et là, les prix sont comme ces navires fantômes qui voguent vers des rivages inconnus…

    La problématique concerne toutes les îles.
    Je viens de trouver un reportage déjà ancien de france3 Ouest à Belle-île (en 2002 je crois) qui explique bien le problème que mon article cherche à illustrer.

    C’est à voir ici

  8. elcab1 dit :

    Et quand on voit une maison à vendre dans une agence avec la mention “dans son jus”, alors là méfiance, bonjour les travaux à prévoir. :)