Copine d’avant
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Jeudi 16 août. J’ouvre les volets, il fait un temps de chien. La chaîne des Aravis me fait face. Elle est plongée dans un épais brouillard. Deux jours de mauvais temps sur deux semaines, je n’aurai au final, pas de quoi me plaindre. Mais alors que commence mon séjour en Savoie, je ne le sais pas encore et j’entrevois plutôt le mauvais temps s’installer durablement. |
Pour arranger la gravure, dans cinq jours, symboliquement, je vais avoir un an de plus et, mine de rien, ça commence peut-être à me mettre le bourdon. C’est un temps de 11 novembre, il fait gris, il fait froid, il pleut. Bref ce serait le temps idéal pour aller ranimer la flamme sous l’Arc de Triomphe si j’avais à le faire, mais dans les méandres de mon esprit tordu, jaillit alors l’idée d’aller ranimer une autre flamme, celle dont me parlait précisément Alix dans un commentaire récent. Christina la connaît et n’y voit pas d’objection. Je mesure une fois encore à quel point j’ai de la chance.
Chance également, Alix est à son travail. Elle accepte mon invitation surprise à déjeuner.
Ce n’est pas gagné pour autant. Je dois me rendre sur place, descendre de “mes” montagnes pour rejoindre Cluses dans la vallée de l’Arve. Il faut en effet traverser Megève et ses traditionnels encombrements routiers. Au moins les parisiens déguisés en montagnards - dans l’idée qu’ils s’en font - ne sont-ils pas trop dépaysés. A l’instar de Chamonix, Megève est pour moi un lieu à éviter à tout prix (c’est hors de prix d’ailleurs). Mais, géographie oblige, la station est un point de passage obligé, incontournable.

Arrivés ensemble sur le parking, nous en repartirons deux heures plus tard, chacun de notre côté, après avoir pris cette photo conservée précieusement sur la carte mémoire de mon APN, non sans avoir évoqué deux heures durant : nos vies, celles que nous n’avons pas eues ensemble, nos enfants… que nous n’avons pas eus ensemble [@ Marie (sa fille) :
] , pour Alix ses petits enfants, déjà Mamie… et puis aussi les revenants : les amis communs retrouvés, le temps qui passe, bientôt trente ans… déjà trente ans… Séquence Nostalgie ! Bref rien que de très banal me direz-vous ?
A voir, dans ce monde où tout casse, où tout s’efface, même les souvenirs et les regrets aussi. Et le vent du nord les emporte dans la nuit froide de l’oubli. STOP !
Près de dix ans que je n’avais pas revu Alix. Dans combien d’années la reverrai-je ? Peu importe finalement car la flamme du souvenir aura été ranimée pour dix ans au moins… s’il en était encore besoin.
Et la météo au fait ?
Comme par enchantement, ce jeudi 16 août 2007, le ciel s’est subitement éclairci autour de midi.

28 août 2007 at 8:18
Nous sommes du même signe! (pas seulement astrologique : cette nostalgie du temps qui passe.. nous avons besoin d’une bonne psychanalise, tu crois?).
Bonne fin de vacances!
28 août 2007 at 8:35
Le soleil avait complètement oublié son rendez-vous avec la lune ce midi-là, il a préféré participer à cette fête improvisée et comme je le comprends…
Cette histoire vieille de trente ans apporte toujours autant de joie.
Les jours, les mois, les saisons et les années n’altèrent en rien les beaux souvenirs et le quotidien n’y a pas déposé sa poussière, ni colorié en gris son âme.
Encore merci d’être là… toujours… mon bel-ami.
Merci à Christina de permettre à notre vie d’être émaillée des touches de couleurs de cette affection si particulière.
PS : la photo est belle !
28 août 2007 at 9:22
En réponse à Ecaterina, je trouve que non non et non, on n’a pas des têtes de nostalgiques et que l’on n’est pas du tout, mais pas du tout du genre à se dire, deux points, ouvrez les guillemets, tu te souviens c’était le bon vieux temps !
28 août 2007 at 10:10
Le temps passe si vite et ces rencontres avec notre passé nous le prouvent s’il en était besoin. Il m’est arrivé aussi de retrouver ami de jeunesse et finalement, c’est un peu comme si on s’était quittés quelques semaines plus tôt.
Si ce n’étaient les quelques rides ou cheveux blancs, dans la tête, nous sommes pareils à hier. Non ?
Bien sûr, la vie a passé, et les histoires sont différentes ou parallèles, mais la même énergie, le même humour, et la complicité renait aussitôt.
28 août 2007 at 10:28
C’est comme si l’on ne s’était jamais quittés, en fait. Tu sais trouver les mots justes Dom.
29 août 2007 at 0:56
[…] Le blog de Marcus Chroniques Rétaises « Copine d’avant La montagne ça vous gagne ? Moi, pas vraime […]
29 août 2007 at 10:04
“Arrivés ensemble sur le parking, nous en repartirons deux heures plus tard, chacun de notre côté…”
C’est haletant en peu de mots, du Ian Fleming. Tu as de la chance, dis-tu ? Mais Christina aussi d’avoir mis la main sur un tel gaillard….
Au fait, et Christina, pendant que tu fais des cercles dans le parking… ?
29 août 2007 at 21:13
Raah ! Tu viens d’instiller le doute dans mon couple, sorcière.
30 août 2007 at 18:16
C’est bien, ça relance les ardeurs les doutes