Et si ça finissait par une révolution ? (acte 1)
Savez-vous quelles sont, schématiquement, les trois conditions nécessaires pour susciter une révolution ?

- 1) Une forte dégradation des conditions de vie et du pouvoir d’achat.
Le prix du pain aurait-on dit au XVIIIe siècle. Il ne vous aura pas échappé que cette question retrouve une actualité certaine ces derniers mois. J’y rajouterais volontiers pour donner une petite touche de modernité, le prix des carburants et du logement, notamment.
- 2) Une classe sociale qui apparaît de plus en plus privilégiée.
Au regard du plus grand nombre de nos concitoyens, je trouve personnellement que les fuites de la Direction Générale des Impôts faisant état de très gros chèques du trésor public qui seraient remis à des personnes fortunées en application du bouclier fiscal, le luxe tapageur affiché par certains mis en perspective avec le surendettement de l’État et les déficits publics et sociaux abyssaux, les franchises médicales et j’en passe… tout cela fait particulièrement désordre.
- 3) Un pouvoir désacralisé.
Sous la Ve république le président est un monarque républicain. Le souverain c’est le peuple par la voie de l’élection du président au suffrage universel direct. Entre deux élections présidentielles c’est le président qui incarne cette souveraineté à travers sa fonction. Il n’en est évidemment que le dépositaire. Or le président s’expose non seulement par ses initiatives politiques fortes, mais aussi dans sa vie privée. Par là-même il expose sa fonction. La “bling-bling attitude” (j’ai trouvé dans un dico de marketing ce que cela voulait dire), son langage très direct, son manque de retenue quelquefois, certains disent ses mauvaises manières, y contribuent également, au point que cela commence à émouvoir dans son propre camp. (L’émotion est-elle sincère ou seulement liée à la proximité des échéances électorales locales qui les concernent ?)
Alors, une révolution est-elle possible ?
(la suite demain, mais que cela ne vous empêche pas de donner votre sentiment).
23 janvier 2008 at 6:12
[ “Mais c’est une révolte” - “Non Sire une révolution”]. Cette idée de révolution est très ancrée dans notre mémoire collective, à nous Français mais je ne vois pas cette étincelle qui ferait qu’une telle chose puisse arriver pour le moment. Trop de “moi d’abord, les autres après”, trop de “laxisme”. On râle beaucoup, on rêve d’un monde meilleur et les beaux discours sont de sortie, mais le passage à l’acte j’ai du mal à y croire vraiment. J’ai l’impression qu’il manque quelque chose, pas grand chose peut être, mais peut être une prise de conscience plus collective moins individuelle, moins personnelle…
23 janvier 2008 at 8:48
et la femme du monarque, menant un train de vie royal avec insouciance ne ferait elle pas évoquer Marie Antoinette ????
“ils n’ont pas de pain ? qu’on leur donne de la brioche !!!” ne fait il pas penser à “si vous voulez gagner plus vous avez qu’à travailler plus ????”
bises oka
23 janvier 2008 at 9:26
> Béa : réflexion intéressante. Tout dépend du niveau de dégradation des conditions économiques et sociales. L’inquiétude peut se transformer en colère. Je suis surpris d’entendre à télé-matin qu’un sondage révèle que 57 % des français jugent légitime la grève des fonctionnaires de Jeudi.
> Oka (okarmagnole pour le coup) : C’est très important ce que tu dis, le pouvoir est aussi affaire de rites et de symboles, de “majesté” au sens du caractère extérieur de grandeur, d’apparence auguste (pas le clown).
Lorsque ces codes sont transgressés ou négligés, ce n’est pas sans conséquence. Tu illustres parfaitement ce que je voulais dire lorsque j’évoquais la désacralisation du pouvoir.
23 janvier 2008 at 10:31
Je me suis faite la même réflexion que toi en voyant le même sondage ce matin. J’ai parfois l’impression d’appartenir à un groupe de moutons de Panurge qui naviguent un coup à droite un coup à gauche mais jamais dans une direction bien définie. Comment arriver à unir tout le monde dans ces conditions là? qui et quoi pourrait fédérer les volontés d’agir concrétement? il me semble qu’un jour j’avais dit que je ne parlerai pas politique, argent et religion sur les blogs…
23 janvier 2008 at 10:42
Il me semble qu’une révolution ne peut éclater que si elle poursuit un idéal collectif, porté par des représentants reconnus de tous. Qui est, ou qui sont à l’heure actuelle les représentants des idéaux: Lorie, Johnny Hallyday, tout autre people en vogue…Dieu? Jean Marie Le Pen ou ses sbires, Georges Bush???…la France en quête d’idéaux répond à tous les miroirs aux alouettes qui se présentent …3 petits tours et puis s’en vont…la dépression n’a jamais porté à la révolution! très court comme analyse…et l’idéal le plus répendu est celui du gain matériel…la pensée et les idées, ça ne se monnaye pas…
23 janvier 2008 at 11:05
Très bonne analyse. j’aborde la question demain justement.
Mais par contre l’exigence de représentants reconnus de tous n’est pas une règle. ce sont d’illustres inconnus qui ont souvent incarnés ou portés les grands moments de la révolution française parce qu’ils ont su se révéler et sortir du lot au bon moment.
23 janvier 2008 at 11:55
J’avais retenu ça en cours de droit (c’est loin) révolution c’est l’été (on sort dans les rues) Coup d’état c’est l’hiver (on se réunit dans les caves !)
Donc on a encore un peu de marge pour la révolution !
23 janvier 2008 at 12:12
Oka :
Non, moi cela me fait penser à Lagaffe, notre super ministre qui nous demande de prendre le vélo quand l’essence est trop chère.
Tiens d’ailleurs, avec le crack d’hier, le prix de l’essence au baril a baissé considérablement. Va t’on voir cette baisse se répercuter sur le prix à la pompe, comme précédemment promis ?
La révolution, je ne sais pas, mais il suffit de voir la réaction de Sarko face au journaliste de Libé qui a osé lui parlé de monarchie républicaine pour comprendre qu’il ya quelque chose de réellement pourri au pays de Nico.
Je viens de voir l’article qui suit, la dernière phrase de Sarkozy sur Dieu qui serait en chacun de nous m’a littéralement mise hors de moi.
Parmi les conditions nécessaires à la révolution, rajoutons en une : la colère. Quand les ouvriers à qui on a tant promis pour ne rien donner, rejoindront les étudiants qui ne voient plus leur avenir, et que tous descendront dans la rue, alors là, la révolution sera en marche.
23 janvier 2008 at 12:58
> Louisianne : L’influence saisonnière ou météorologique : oui ça compte aussi.
> collectif : Hum ! je crois que je vais devoir enrichir mon article de demain avec toutes vos réflexions.
23 janvier 2008 at 15:14
Une révolution ?
En démocratie ça s’appelle un putsch non ?
23 janvier 2008 at 17:55
Un putsch, ce sont des gens qui prennent le pouvoir non ? La prochaine révolution ce pourrait bien être une totale indifférence au pouvoir lorsque chacun comprendra enfin que nos rois, d’où qu’ils viennent, sont nus. On appellera cela un réveil des consciences.
Cela étant dit, il n’est pas utile de rappeler, pour mémoire, que le dernier coup d’Etat en France est tout frais ; il date précisément du 13 décembre 2007. Alors, la démocratie, il y a belle lurette qu’elle est rangée au catalogue des illusions d’optique.
23 janvier 2008 at 20:23
Bien vu Olivier !
Je t’attendais bien sur ce terrain là, et c’est une piste qui fera ultérieurement l’objet d’intéressant développements.
23 janvier 2008 at 20:55
Cher Marcus,
Tu oublies quelques ingrédients essentiels pour que mécontentements, émeutes et révoltes se transforment en révolutions, le premier et non des moindres est qu’il existe une idéologie forte et globale qui laisse espérer qu’un monde meilleur est possible. A part l’islamisme, je n’en vois aucune actuellement et selon les démographes les musulmans ne seront pas majoritaires en France avant 2080. A moins que tu ne penses à Bayrou comme alternative révolutionnaire, grisant , en effet. Des situations telles que tu les décris, il y en a eu des dizaines dans l’histoire de France sans incidences et il en existe dans beaucoup de pays en ce moment même. Parmi les autres facteurs, depuis la commune, la légitimité des urnes a supplanté celle de la rue. Dernier point plus mineur (il y en a d’autres mais je ne veux pas être trop long), il faut une population jeune et prête à se sacrifier pour une cause. La conclusion va de soi…
23 janvier 2008 at 22:11
Aldo, bienvenue.
C’est une pièce en trois actes. L’acteur principal n’est pas encore vraiment entré en scène.
Euh… l’Islam t’as raison ! Colombey les Deux Mosquées, ce n’est pas encore pour demain.
inch allahDieu merci !23 janvier 2008 at 22:45
Oui, la révolution peut prendre des formes nouvelles…
J’attends avec intérêt les propositions de Karl Marcus.
24 janvier 2008 at 14:46
Aldo : jeune, jeune, faut le dire vite ! Je peux encore descendre dans la rue !
31 mars 2008 at 9:37
[…] 7;est la question que je me pose dans le droit fil de mes interrogations précédentes sur ma chronique d’une révolution annoncée. Tirs croisés d […]