Divergences - convergences

Divergences :
La politique de civilisation passe mal au MEDEF. Je n’en suis pas surpris.
En prolongement de ma récente chronique d’une révolution annoncée
je verse au débat les récentes déclarations de Laurence Parisot - source les Echos.
En clôturant, le 10 janvier, à la mi-journée, un colloque sur le développement durable, à Paris, Laurence Parisot s’est emparée du thème environnemental pour aller à la rescousse du capitalisme financier que Nicolas Sarkozy ne cesse d’appeler à « moraliser ». Pas plus tard que mardi, lors de sa conférence de presse, le président de la République a déclaré que l’économie de marché n’était « pas compatible avec la prise totale de pouvoir par la finance ». Pour la présidente du Medef, « le capitalisme, même financier, peut avoir une vision de long terme, il suffit que le libéralisme n’oublie pas un de ses fondements : la responsabilité ». Mieux, a-t-elle ajouté, « nous avons besoin d’un capitalisme financier car nous avons besoin d’investir massivement et très rapidement dans des solutions nouvelles pour la survie de la planète ».
Ainsi qu’elle l’avait déjà dit à plusieurs reprises ces derniers mois, notamment au moment du Grenelle de l’environnement, Laurence Parisot veut « faire comprendre à tout le monde que les intérêts écologiques et les intérêts économiques ne sont pas incompatibles et qu’au contraire, il faut les concilier, que l’un ne réussira pas sans l’autre ». Tout est, selon elle, affaire de dosage. « C’est comme un médicament qui peut faire guérir mais aussi faire mourir », explique-t-elle.
A quelques jours de la publication du rapport Attali sur la libération de la croissance, la patronne des patrons a lancé un avertissement : « Penser la croissance économique exclusivement, c’est se dire que tout est foutu du côté de l’environnement. La penser comme une forme de retour en arrière, c’est se priver des moyens de trouver les solutions pour en sortir. » Il en va de l’avenir « de la civilisation », conclut-elle. Un clin d’oeil appuyé à la politique de civilisation prônée pour 2008 par le chef de l’Etat.
Convergences :
Stratégie : Nicolas Sarkozy cherche l’appui des hommes d’influence.

Hier, le chef de l’Etat déjeunait dans un grand hôtel de la capitale avec Al Gore, prix Nobel de la paix 2007, qu’il avait vu à l’automne dernier à l’occasion du “Grenelle de l’environnement”. Selon le porte-parole de la présidence, les deux hommes “ont évoqué l’idée d’un Grenelle mondial de l’environnement et les contours possibles de cette démarche”, ainsi que les suites de la conférence de décembre à Bali sur la lutte contre le réchauffement climatique. Nicolas Sarkozy a indiqué que “la lutte contre le changement climatique et la lutte contre la pauvreté étaient des combats qu’il fallait mener dans le même temps”.

Dans la foulée, hier après-midi, Nicolas Sarkozy recevait Bill Gates. Toujours selon le porte-parole de la présidence, la discussion entre les deux hommes “a laissé apparaître de très larges convergences entre le concept de politique de civilisation de Nicolas Sarkozy et celui de capitalisme créatif de Bill Gates”.
Convergences aussi au mini sommet européen de Londres
(source : Romandie News)
Les cinq dirigeants européens réunis hier à Londres pour un mini-sommet économique, sont “convenus que les fondamentaux de l’économie européenne restaient solides” tout en appelant à plus de transparence dans le fonctionnement des institutions financières, a annoncé Gordon Brown.
“Les fondamentaux des économies européennes restent solides”, a affirmé le Premier ministre britannique au début d’une conférence de presse commune avec le président français Nicolas Sarkozy, la chancelière allemande Angela Merkel, le chef du gouvernement italien démissionnaire Romano Prodi et le président de la Commission européenne José Manuel Barroso.
Pour autant, “nous appelons à une plus grande transparence (pour aboutir à) des marchés mieux informés”, a poursuivi M. Brown. Plusieurs dirigeants ont souligné la nécessité d’une plus grande régulation faute de transparence suffisante.
“Je suis heureux de l’unité que nous avons manifestée”, s’est félicité M. Sarkozy. “Nous demandons davantage de transparence au système financier mondial et européen. Nous n’acceptons pas que le manque de transparence puisse mettre en cause la croissance dont nous avons besoin pour donner du travail à chacun”. “Si nous ne voulons pas le retour de la tentation protectionniste, nous devons imposer cette transparence”, a-t-il insisté. “Il n’y a pas de fatalité à ce qui se passe aujourd’hui, mais des leçons à tirer. Nous ne sommes pas décidés à accepter sans réagir ce qui s’est passé récemment”, a poursuivi le dirigeant français. “Ce qui s’est passé dans un certain nombre de pays, ça n’a rien à voir avec l’économie de marché, la conception que nous pouvons avoir de la liberté de circulation, de la liberté de concurrence entre nous”.
Nicolas Sarkozy, toujours à l’offensive, cherche par ailleurs a exploiter l’affaire de la société générale pour appeler à renforcer la régulation des circuits bancaires et financiers. A l’endroit du PDG de la SocGen, il a eu cette phrase prophétique, lourde de sens : “Je n’aime pas porter de jugement personnel sur les gens, surtout quand ils sont dans la difficulté, mais on est dans un système où, quand on a une forte rémunération qui est sans doute légitime, et qu’il y a un fort problème, on ne peut pas s’exonérer des responsabilités”.
A-t-il seulement songé qu’un jour peut-être…
A moins que ce ne soit encore un pont qu’il brûle ? il adore ça…
30 janvier 2008 at 14:03
Je suis tout à fait d’accord avec l’idée selon laquelle les intérêts économiques ne sont pas en contradiction avec intérêts écologiques, parce que l’écologie c’est une source importante d’opportunités d’affaires.
Cela dit. Je ne suis vraiment pas convaincu qu’à l’heure actuelle la “finance” pense sur du long terme, et ceci pour une raison simple : les investisseurs institutionnels (qui représentent la majorité des fonds investi me semble-t-il) veulent être rémunérés… vite (donc au court terme). Ils sont même prêt à réduire des actifs pour dégager des bénéfs sur le court terme.
30 janvier 2008 at 18:05
Si l’on était méchant et que l’on prenne au pied de la lettre les derniers propos du Président de notre République, pourrait-on penser qu’il ne s’exonérerai donc pas des siennes -de responsabilités- quant il faudra rendre les comptes à la CEE à la fin de l’année ???