Ma femme est terrifiante

L’autre soir, à une heure déjà bien avancée de la soirée - vous voyez à peu près ce que cela peut signifier ici - j’entends la chatte miauler derrière le volet rouant du bureau.
Tiens me dis-je, il vente, il bruine, il fait froid, elle se fait vieille, elle veut sans doute rentrer. Je me dirige vers la porte d’entrée et effectivement : il vente, il bruine, il fait froid… Il fait nuit noire et elle s’engouffre dans le salon et, sans que je n’y prenne garde, avec un mulot dans la gueule qu’elle s’empresse de relâcher aussitôt entrée. Nom d’une pipe !
La bestiole est terrorisée. Je me penche pour la ramasser, elle s’esquive sous la bonnetière, puis détalle par la droite. Nouvelle tentative : choux blanc ! Elle bifurque, passe sous la table de la salle à manger et va se planquer dans un coin derrière un panier et d’autres objets, dont le sac de Marcussette Junior qui encombre l’endroit. La chatte installe le siège. Croyant bien faire et l’aider, au risque de me faire complice d’un odieux souricide, je m’arme du pique-feu de la cheminée et je commence à déblayer l’endroit.
La chatte semble apprécier le coup de main. Funeste erreur, elle lui passe sous le nez, ses réflexes sont émoussés. Les miens aussi, par chance, je n’ai pas embroché la chatte et Christina commence à m’enguirlander, à juste titre, car :
1 - j’ai vraiment l’air con avec mon pique-feu ,
2- à ce train-là c’est sûr, je vais casser quelque chose avant longtemps.
La voila rendue sous le canapé (la souris, pas Chris, vous suivez ?). Là ça devient compliqué : il est grand le canapé, avec sa méridienne. Tout ce que peut faire Féline, la chatte, c’est risquer la déchirure musculaire, l’élongation ou pire, la luxation, en se contorsionnant pour tenter en vain de la choper, accessoirement, griffer aussi le cuir du canapé.
On est mal ! Le rongeur peut aller n’importe où. Je me range à l’évidence : seule, la chatte n’y arrivera pas. Je vais chercher une lampe torche pour traquer la bête. Voyez ce faisceau lumineux qui balaye le sol lentement et finit par éclairer la petite bête terrifiée. Ça marche elle dégage. Aïe…, elle se planque sous la bibliothèque ! Je manque à nouveau le lumbago pour virer le porte revue, j’en fais grief à Christine qui m’envoie sur les roses.
J’éclaire sous la bibli, Féline la repère. Miracle ! Elle la saisit, la prend dans sa bouche, détale avec mais la relâche.
AAAAARGH ! Quelle andouille !
Temps mort : il faut que je vous explique que la minette âgée de 14 ans n’a plus qu’un seul croc, ça rend les captures de ses proies de plus en plus aléatoires et leur agonie particulièrement longue. Et moi, je n’ai pas de temps à perdre.
La bête s’est maintenant enfilée sous le caisson de basse du Bose système. Marre de marre.
On y est maintenant depuis un bon quart d’heure, je suis à bout, je dis à Christina que je vais aller chercher la carabine à plomb pour lui en coller un entre les deux yeux, vite fait bien fait. B…… de merde, j’étais sniper à l’armée, je ne vais pas me laisser emmerder par un mulot à une plombe du mat.
“Ne crois-tu pas que tu as fait assez de bêtises… ?”
Et toc ! ça aussi, mine de rien ça plombe. Sans rien dire Chris a déjà enfilé ses gants Mapa.
“Soulève le caisson” me dit-elle.
“Tu crois ?” lui-dis-je… je m’exécute et alors là… Je regrette de ne pas avoir filmé la scène.
J’ai vu, de mes yeux vu, ma Chris fondre sur le mulot.
La bestiole cavale en zigzaguant, s’esquive, bifurque, mais en deux temps trois mouvement se retrouve fermement tenue dans sa main droite.
Comme le rongeur, j’étais pétrifié. Elle le tenait en le regardant de si près que j’ai bien cru qu’elle allait lui croquer la tête pour la recracher comme un noyau de cerise. Mais non, elle est sortie pour aller le reposer délicatement et indemne sur le mur en pierres de pays du voisin.
“Je sentais battre son cœur dans ma main” me dit-elle. “Il a frisé la crise cardiaque.”
Ma femme est une féline.

PS : Depuis, Féline, la vraie, continue de faire les cents pas devant la bibliothèque. Elle n’a manifestement rien compris au film.
Vous savez si ça existe, les cellules d’appui psychologique pour les chats ?
5 mars 2008 at 20:51
Méfie toi toujours du félin qui sommeillle en elles…avec ou sans crocs, elles sont capables de tout. Et range ce pique à brochette.
5 mars 2008 at 20:52
Hahaha… Pétée de rire !
5 mars 2008 at 20:55
Et le 3ème jour le mulot était toujours vivant… Ecroulée de rire devant mon écran en imaginant la scène. Y a de l’ambiance chez vous la nuit… aucune plainte du voisinage ?
5 mars 2008 at 21:10
Hihihi, et bien quelle classe
On ne t’as jamais dit que les chat aime bien jouer avec leur prise avant de les croquer? On à eut un gag similaire sauf que le petit mulot à trouvé refuge entre les pattes du chien qui était couché… A la vu des crocs quand le chat s’est approché pour reprendre son joujou, il à laisser tomber
Du Tom et Jerry en live
5 mars 2008 at 21:26
Finalement la campagne a des loisirs inconnus ici, en ville !
Moi j’aurais pris des gants ET un torchon !!!
Pour Chris : quel courage
5 mars 2008 at 21:34
Jean de La Fontaine avait raison
Tant le naturel a de force.
Il se moque de tout…
Qu’on lui ferme la porte au nez,
Il reviendra par les fenêtres.
5 mars 2008 at 21:46
hihihi çà m’a rappelé de bons souvenirs çà. Bon je ne suis pas aussi douée que Christine mais à la chasse indoor à la taupe (ouais notre chat ne faisait pas dans la petite proie) je me défend assez bien.
pi ici c’est pas Mr qui m’aurai aidé , il a la trouille de ses bestioles et m’a même réveillée une fois pour que je joue à votre petit jeu… embrumée c’est plus dur.
5 mars 2008 at 22:05
> Tifenn : je l’ai rangé, promis juré.
> Sophie : tant mieux, loué soit le mulot.
> Béa : Par chance les voisins ne nous entendent pas. En appart, on se serait fait virer depuis longtemps.
> Gilsoub : Ah oui quelle classe, c’était stupéfiant, vraiment. C’est dingue le coup du chien, c’est mariole ces bestioles.
> Frangineàmoije : Ah ça oui tu peux le dire. il y a trois jours, dans ma rue (à 150 m à vol d’oiseau de la mer), j’ai trouvé un petit crabe, une petite étrille. Était-il tombée du véhicule d’un ostréiculteur ? Avait-il été lâché par un oiseau ? Je suis allé le remettre à l’eau, ça m’a fait une petite balade.
> Minimoi : Si tu veux, ton mari, je lui prête ma carabine à plomb
6 mars 2008 at 7:58
lol, j’ai bien ri en t’imaginant en Indiana Jones ! Et cette Chris imperturbable, qui d’un geste vif choppe le mulot … on s’ennuie pas à Ré !
Nous on a aussi des mulots mais … dans les murs !!! alors Bernardo tape sur les murs, si si
6 mars 2008 at 10:05
On ne s’ennuie pas le soir sur une île ! Remarque un mulot, ça va ! En ville c’est moins mignon ! Mon chat ramène des rats morts plus gros que lui (beurk) Heureusement c’est dans le jardin, pas dans la maison ! A moi de m’en débarrasser ! La poubelle je n’y tiens pas, alors je les enterre dans la forêt ! Va falloir que je rééduque mon chat !
6 mars 2008 at 12:10
Les hommes sont très maladroits!
6 mars 2008 at 12:21
C’était un joli cadeau pourtant !
6 mars 2008 at 13:43
Si tu veux, je t’envoie l’homme,
il est très doué pour la chasse à la souris aussi.
6 mars 2008 at 13:47
> Marie : Le fouet, bon sang je n’y ai même pas songé. J’ai un fouet Tcherkesse en cuivre tressé qui aurait fait exploser ce mulot.
> Louisianne : Ton chat serait-il croque-mort ?
> Oh Marina, faut pas généraliser. Mais en ce qui me concerne, c’est pas faux.
> Marouschka : C’est vrai. Ce n’est pas le premier. Dans son jeune temps, c’était plusieurs par jour. Ce qui est incroyable avec les mulots, tu n’en vois jamais, mais dès que tu as un chat, tu en vois tout le temps.
> Dom : Chasse à la souris ? C’est au premier degré, j’espère.
6 mars 2008 at 13:53
ça c’est de la femme de la vraie !!!!! yes
6 mars 2008 at 16:05
Je suis d’accord.
6 mars 2008 at 16:46
Tant que embrumé par l’heure tardive (ou précoce) tu ne mets pas la souris du PC sur le mur du voisin et le mulot sur le mulodrome à côté du clavier… tout n’est pas perdu.
Sidonie-Chochotte la siamoise bestiole de 14 ans d’âge elle aussi, encore toutes ses dents, ne s’abaisse pas à chasser… avec toutes les maladies qui trainent ! Mais lorsque je m’installe dans mon gros fauteuil pour une soirée télé, ça déclenche chez elle un réflexe… ze veux sortir, veux rentrer, veux sortir, veux rentrer. Ce qui a, outre le mérite de me muscler le fessier “assis-debout-assis-debout”, celui de me faire rater la seule phrase qui m’aurait permis de comprendre le film !
Mais elle se bat la gourgandine, j’ai remarqué un percing en bout d’oreille !
Toutes des chiennes, même les chattes !
7 mars 2008 at 12:03
ah ah j’adore ce récit, j’y étais presque!
Une fois j’ai sauvé un moineau de cette façon, les chats voulaient lui faire la peau et je l’ai attrapé à l’aide d’un torchon. (j’ai aussi sauvé une hirondelle coincée dans le rideau)
Mrrraou !
7 mars 2008 at 13:17
(oui ça existe le soutien psy pour les animaux !!)
7 mars 2008 at 15:22
> Joyce : Les chats sont des animaux merveilleux. On habite chez eux finalement.
> Camaienne : quelle galère pour attraper un oiseau. Chris me dit que la solution la plus simple et d’ouvrir les fenêtres et de sortir pour ne plus lui faire peur et lui permettre de se ressaisir pour trouver seul la sortie. Évidemment, s’il y a des greffiers dans le salon, ça se corse.
9 mars 2008 at 9:08
enfin en ayant un chat chez toi tu sais quand meme que c’est un carnivore chasseur alors t’attends pas a ce qu’elle mange que des fleurs