Le concierge

Je suis concierge dans un grand hôtel. L’établissement qui m’emploie est fréquenté par une clientèle essentiellement féminine.
Certaines d’entre-elles sont de vrais stars. A mes débuts, je les trouvais parfois excentriques. Elles ont du tempérament, du caractère et sont bien capables de faire des coups d’éclat comme de me taquiner. Je me dois, quoi qu’il arrive, d’être courtois et discret. Je m’efforce d’être disponible et toujours à leur écoute. Si je peux leur rendre service, je le fais bien volontiers.
Il y a des habituées de longue date. Elles sont devenues des amies. J’en suis à la fois honoré et flatté. Au fil du temps une complicité s’est même installée je crois entre elles et moi, même si je n’oublie jamais où est ma place.
Lorsque que j’ai des soucis, elles s’en aperçoivent vite et ce sont elles qui viennent alors écrire un petit mot gentil pour me réconforter. Ça me fait très plaisir évidemment, mais je me reprends vite, car ce n’est pas très professionnel et le service exigerait plutôt de ne rien laisser paraître.
Elles ont aussi leurs états d’âme parfois. Mon Netvibes, c’est le tableau de la réception sur lequel je garde toujours un œil. Concierge le jour, je suis aussi veilleur de nuit. C’est d’ailleurs la nuit qu’elles postent des lettres dont certaines, pleines de doutes de colère ou de chagrin sont autant de bouteilles lancées à la mer et pour lesquelles je veille quelquefois tard.
En pareil cas, j’ai le sentiment que le temps passé à écrire n’est pas du temps perdu et peut être même plus, qui peut savoir ?
Ma direction, je le sais bien, n’est pas toujours de cet avis évidemment. Elle trouve quelquefois que j’en fais un peu trop. Mais elle sait aussi que je suis le meilleur dans ce job. Et ce n’est pas pour rien que l’on m’a remis mes clés d’or.
7 mars 2008 at 5:52
On n’écrit jamais pour rien
Tes clef d’or tu les mérite
7 mars 2008 at 6:44
Etre là quand il le faut, savoir écouter au delà des mots, décripter un sourire ou grimace… Ta direction ne sait sans doute pas tromper en te remettant cette distinction.
7 mars 2008 at 12:07
c’est rassurant de savoir que tu veilles alors, je n’emmènerai plus les bouteilles à la consigne désormais..
7 mars 2008 at 12:27
Gardien du phare plus que concierge d’hôtel.
Veilleur de nuit
lecteur d’entre les lignes quand parfois celles ci révèlent plus qu’elles ne devraient ou ne le voudraient.
Un grand coeur
une belle âme
La souris d’argent tu mérites bien, en effet.
7 mars 2008 at 13:17
D’argent ??
Non non réservons la première marche au gardien du phare !!
Que ta veille continue à être bénéfique…
7 mars 2008 at 13:21
Oups je viens de voir la fôte d’ortho “ne s’est sans doute pas”… parce elle, elle sait. Rectification effectuée je me sens mieux
7 mars 2008 at 15:48
Je suis d’accord avec Dom, le costume de gardien de phare te va bien aussi et il se trouve que la baleine n’est pas loin…(pas moi….l’autre).
Quant à moi j’ai pris l’habitude de guetter ton avis, tu vois comme les habitudes s’installent vite !
Bise affecteuse à la direction, qui est adorable et effectivement extrêmement tolérante. Ce qui lui vaudra une tajine au miel bientôt
7 mars 2008 at 17:24
Un Tajine au miel? miel! je suis trop loin!
Décidemment, les concierges ne sont plus ce qu’ils n’ont jamais été! Des clefs d’or? quel beau symbole.
7 mars 2008 at 21:17
Jolie allégorie. Tu as sans doute raison.
Alors bon we au poste, sensible concierge/veilleur !
7 mars 2008 at 22:05
Clé d’argent ? Souris D’or ? La première place sur l’escalier de toute façon.
Un escalier en colimaçon, bien sur !
Le phare est haut. L’escalier a beaucoup de marches, sur lesquelles s’installer pour vous écouter. Ou se faire entendre, aussi.
8 mars 2008 at 11:04
J’ai le rouge aux joues, avec tous vos petits mots de compliments.
Gardien de phare, pourquoi pas, c’est un chouette métier mais qui disparaît. A part les phares de l’île de Sein, de l’île Vierge et de Keréon, je crois bien que c’est plié pour les phares habités.
8 mars 2008 at 12:10
très jolie allégorie.
Et tous les petits mots doux dits ici sont amplement mérités.
J’ai pris l’habitude aussi de guetter tes articles, tes commentaires.
Le net permet de belles rencontres.
Merci tout simplement