Maintien du Péage : Entre protection de l’environnement et élitisme bourgeois ?
Une pétition circule en ce moment sur l’île de Ré pour réclamer le maintien du péage au delà de l’échéance 2012 qui, selon la loi, devrait voir la fin du péage au pont de Ré (code de la voirie routière) mais pas de l’écotaxe (code de l’environnement), laquelle pourrait être déplafonnée par le législateur, s’il en décidait ainsi.

Rivedoux : Le phare de Chauveau
Elle rencontre à l’évidence un grand succès qui dépasse largement, me semble-t-il, le cadre stricto-sensu des propriétaires résidents permanents ou temporaires.
Pourtant, un article récent publié le 19 mai 2008 dans Libération sous la plume de Laureen Ortiz, intitulé : Ré, un péage pour rester chic caricature la démarche.
Ça démarre fort : “Au large de La Rochelle, la chiquissime île de Ré s’inquiète. Une pétition circule pour «sauver l’île» d’une invasion barbare.”
Dès le lendemain, c’est au tour de bakchich.info, sous la plume de Sébastien Fontenelle, de rebondir sur l’article de Libé en fustigeant les propos tenus par Maxime Bono, le député-maire de La Rochelle et de la circonscription La Rochelle - île de Ré.
Là encore, le titre volontairement provocateur : “Les pauvres polluent l’île de Ré” et l’accroche qui le suit sont sans équivoques sur les motivations de l’auteur : “Les pauvres et leurs bagnoles seraient des gêneurs. En tout cas, leur présence heurte apparemment le très socialiste député de la Rochelle, Maxime Bono. Lequel dénonce la suppression du péage du pont de l’Ile de Ré qui risque de laisser entrer la populace au paradis des bobos.”

La Flotte - La Prée
A noter que le député a simplement rappelé que : “La gratuité du pont de l’île d’Oléron a été une catastrophe, causant l’essor d’un tourisme à la journée, de moindre qualité, et une saturation des routes”.
C’est pourtant un fait établi que dénoncent les Oléronais eux-mêmes depuis la gratuité du pont d’Oléron en 1991. Faut-il en effet ignorer le précédent et s’émouvoir de la reprise de ce constat facilement transposable à l’île de Ré en 2012 par le député, au seul motif qu’il est socialiste ?
L’argument est franchement débilitant et ne résiste pas à l’examen des réalités.
Or les réalités quelles sont-elles ?
1 - Si l’île de Ré, grâce au classement des sites, a vu 80 % de son territoire protégé et affecté en zone naturelle ou agricole, encore faut-il assurer la gestion de ces espaces et, notamment dans les zones naturelles, éviter des occupations illégales comme le camping sur parcelles privées et pour cela, poursuivre la politique départementale des acquisitions foncières en zone naturelle. Une écotaxe déplafonnée permettrait de faire mieux et plus vite.
2 - C’est bien le péage qui assure le rôle de régulateur de la fréquentation de pointe et qui évite, en période haute de la saison estivale, des flux de circulation paralysants et destructeurs que l’on observe en particulier avec le tarif de basse saison en mai.
3 - Il faut effectivement une politique multimodale de transport adaptée et modulée à la saison, en synergie avec celle de l’agglomération de La Rochelle. La suppression du péage ruinerait tout naturellement cette perspective-là.
4 - La question ne concerne pas que l’île de Ré. Le déplafonnement de l’écotaxe pourrait tout autant intéresser non seulement Oléron et Noirmoutier, mais aussi les îles desservies par une liaison maritime.
5 - Le financement par l’usager “consommateur des lieux” est certainement plus juste et finalement plus judicieux que le financement par l’impôt. Au final tout le monde y trouve son compte.

Rivedoux : Le Défend - Conservatoire du Littoral
Toutefois, au delà de la polémique et de la caricature, l’intervention de Libération et de Bakchich a au moins un mérite. Elle illustre la facilité avec laquelle ce débat peut tomber dans le caniveau et la difficulté à le positionner dès à présent mais aussi “demain” au Parlement, afin d’éviter qu’il ne parte en vrille.
L’île de Ré, ses sites remarquables, ses habitants, ses résidents, ses visiteurs, méritent certainement mieux qu’un débat appréhendé par le petit bout de la lorgnette.
26 mai 2008 at 20:59
Des amis avaient jusqu’ à peu une maison “en” ou “à” Ré. A la vue des photos que tu oses faire défiler sans vergogne sous nos yeux depuis quelques jours, je me demande comment ils ont pu la vendre ?
Même moi qui suis, il y en a , une fille de la campagne (je veux dire que j’ai besoin de campagne ), j’avoue que ces paysages maritimes sont très très attachants, même attachant, sans “s”!
26 mai 2008 at 23:10
Ah mais j’aime bien la campagne. La Saintonge en Charente-Maritime à beaucoup d’attrait.
Le Marais Poitevin mérite également le détour.
J’ai l’air de faire de la pub pour mon coin là ? Non, je vous assure.
27 mai 2008 at 0:07
Souvent je me demande si tu ne bosses pas pour une agence touristique. Rien de mieux pour promouvoir une région ! (c’est un compliment et non une critique déguisée bien sûr).
En tout cas tu es très exigeant… bien sûr que ça va partir en vrille !
Il y a le politiquement correct et l’écologiquement nécessaire. Même quand c’est du bon gros sens, ce n’est pas évident “de le vendre”.
27 mai 2008 at 7:04
Quelque part (et même partout d’ailleurs) je comprends parfaitement que vous ayez (les iliens de l’ile de Ré) envie de protéger votre cadre de vie, votre ile… ce que tu nous en montres mérite que l’on y fasse attention, qu’on le préserve des envahisseurs indélicats et intempestifs…
Alors péage ou pas péage, certes c’est une question délicate. Mais le plus important à mon avis (humble avis mais avis de quelqu’un qui aime la nature “naturelle”) c’est de garder l’ile de Ré tout son cachet, tout ce qui fait qu’on a envie d’y aller, de la visiter…
27 mai 2008 at 8:52
> Xavier : Je crois que tu as bien cerné le problème du débat sur le maintien du péage.
> Béatrice : Oui absolument, Nul ne sait d’ailleurs vraiment où se situe le seuil au delà duquel, protections règlementaires ou pas, les équilibres écologiques du territoire seraient irrémédiablement compromis. Si l’on tient pour acquis celui fixé par le schéma de cohérence territoriale (capacité d’accueil déterminée au titre de la loi littoral) on peut d’ores et déjà considérer que ce seuil de fréquentation maximale est atteint.
27 mai 2008 at 11:48
Tout fait d’accord avec vous. L’ile de Ré mérite mieux que des raccourcis du genre “paradis des bobos”. La plupart de ceux qui y viennent , qu’ils soient des “résidents secondaires” ou des ‘permanents’ , y viennent ou y résident depuis des GENERATIONS. Et tout le monde n’est pas chiquissime. Et encore moins riche : il faut en effet ’sacrifier’ beaucoup maintenant , pour arriver à conserver un pied à terre même modeste, le plus souvent d’origine familiale, sur Ré ! Et si on vend, on sait qu’on ne pourra pas revenir sur Ré, vu l’évolution des prix : donc - ceux qui peuvent (!) - s’endettent lourdement, ou ADIEU Ré”.
27 mai 2008 at 16:09
A l’expression résident secondaire qui fait tout de même seconde classe, Robert CUQ a suggéré de substituer celle de résident temporaire. J’avoue souscrire volontiers à cette idée.
Oui sans doute, le marché a dicté sa loi et ce n’est pas un hazard si agent immobilier et marchands de bien sont aussi nombreux sur l’île que les vautours sur la carcasse d’un buffle. Là, je sais déjà que je ne vais pas me faire des amis.
C’est vrai ce que vous dites de l’endettement. Mais il y a aussi une clientèle pour laquelle la question de la condition suspensive liée à l’obtention d’un prêt ne se pose même pas. D’ailleurs ce serait limite inconvenant de la lui poser.
Je me suis laissé dire qu’il n’était pas rare de voir signer, sans un euro de crédit, des chèques de plus d’un million d’euros voire plusieurs millions d’euros sur le bureau des notaires rétais pour des transactions immobilières de produits haut de gamme.
27 mai 2008 at 18:31
Hélas, le prix de péage n’est pas dissuasif: quatre personnes en voiture ne payent que 16 euros et auront la voiture à disposition tout au long du séjour. Tandis que pour le bus Aunis-Saintonge, il règleront plus de 40 euros aller-retour uniquement. Savez-vous que nous allons avoir Kéolis comme compagnie de transport à partir du juillet ?
28 mai 2008 at 6:29
Je connais quelques résidents temporaires de Ré qui sont vraiment la caricature du chicissime bobo parisien et qui eux payeraient des fortunes pour ne pas voir arriver les hordes de ploucs sans le sous. (d’ailleurs leurs façons de dire “nous sommes à Ré” m’horripile)
En voyant tes photos, en te lisant depuis quelques mois, je réalise que l’on peut être à Ré sans justement ce côté exécrable du bobo supérieur et tes photos sont à chaque fois un étonnement pour moi. QUOI ! Ré peut être aussi ce havre de paix sans foule ?
28 mai 2008 at 13:19
Oh oui, bien sûr Valérie, il suffit de prendre les chemins de traverse, ceux du temps, ceux de l’espace.
En d’autres termes : Savoir être là, quand et où on ne nous y attend pas. Toute la problématique de l’aménagement du temps et de l’espace est à revisiter.
3 juin 2008 at 9:49
Je pense qu’une petite amélioration du circuit des transports en commun ainsi qu’un agrandissement du parking du belvédère pourraient etre intéressants pour diminuer les embouteillages des journaliers…
3 juin 2008 at 19:48
Entre autres choses effectivement.
Maxime Bono a d’ailleurs déclaré que la CDA LR fera ce qui relève de sa comptétence sur le continent.
Pour les transports public, la balle est dans le camp du conseil général et des élus rétais, avec Keolis désormais.
7 juin 2008 at 14:50
Je me permets de me défendre de la caricature que vous me prêtez, Marcus. J’ai quand même passé du temps sur l’île à essayer de comprendre tous les enjeux, qui sont plus complexes qu’il n’y paraît. Si l’île de ré est un site magnifique et à préserver, cela ne doit pas servir une sanctuarisation injuste pour d’autres. Preuve que le trafic n’est pas un drame absolu: le nombre de passages sur le pont a doublé depuis sa création, et l’île est toujours aussi belle et agréable… elle est juste, en plus, beaucoup plus riche économiquement. En tout cas, le débat est nécessaire sur le maintien du péage, car il ne faut pas oublier que d’autres solutions existent. Et loin de moi l’idée que l’île de Ré est juste une île de bobos. Mais chic, je crois qu’il faut l’assumer.
7 juin 2008 at 22:42
Bonjour Laureen et merci pour votre intervention.
Je vis sur Ré depuis 1985, et je la fréquente régulièrement depuis 1960.
J’ai connu la liaison maritime, la liaison fixe, l’évolution du tourisme et des activités économiques de l’île. J’ai aussi été élu local dans le mandat 89-95.
Tout le monde ou presque (résidents permanents, temporaires, visiteurs continentaux) est à peu près d’accord sur la nécessité de protéger l’île, encore qu’il se trouvera toujours ici des propriétaires pour regretter que leur terrain soit classé en zone naturelle et couvert par le classement des sites ce qui obère toute possibilité légale de construction.
Cependant sur les modalités, les alternatives au maintien du péage que vous évoquez, les propositions opérationnelles manquent en fait.
Certains par exemple ont avancé l’idée d’une régulation de type comptable des flux automobiles. Cette idée se heurte à des problématiques de flux entrants et sortants qui sont totalement déséquilibrés tant en période normale qu’en période de pointe.
C’est donc ici comme ailleurs, toute la problématique de l’aménagement du temps et de l’espace (cf rapport Chalendar) qui est à revisiter. Reste que la plupart des gens vont au marché, ou à la plage aux mêmes heures, et entrent sur l’île le matin pour en sortir le soir, pour les touristes à la journée.
Le problème de la suppression du péage est effectivement celui de la proximité de l’agglomération de La Rochelle mais pas seulement en tout cas pas à sens unique.
Actuellement, le touriste est “captif” et s’il s’autorise le cas échéant une sortie sur le continent, cette limitation-régulation disparaîtrait en cas de suppression du péage.
La logique d’agglomération qui joue d’ores et déjà a plein pour une bonne moitié de la population permanente s’étendrait alors à une partie non négligeable de la population estivale : pour faire les courses sur le continent par exemple, où pour profiter des plages rétaises tout en louant moins cher sur le continent.
Bien entendu, on peut imaginer que la paralysie régulière de l’agglomération de Rivedoux, comme d’ailleurs de l’accès continental au pont serait alors eux-mêmes un facteur de régulation, mais c’est une hypothèse que personnellement je ne prendrais pas le risque de vérifier in situ si j’étais aux affaires et je salue le courage politique de Maxime Bono dans cette affaire.
Vous devez également savoir que les zone urbaines des PLU ne sont pas encore parvenues à saturation. Vous ne pouvez donc pas tirer argument de ce que “le trafic actuel [au demeurant régulé] n’est pas un drame absolu” car nous ne sommes pas encore dans une situation pérenne.
Comme cela est noté dans votre article “La gratuité du pont de l’île d’Oléron” a été suffisamment édifiant pour ne pas ici y prendre garde. Encore faut-il rappeler que l’île d’Oléron n’est pas dans une logique d’agglomération avec le continent. L’île de Ré, en revanche l’est clairement.
Je ne mets en doute ni la qualité de votre travail ni votre sincérité. Mais il révèle la difficulté qu’il y aura à aborder ce débat autrement que par les grands principes qui risquent de masquer l’essentiel. Et dans cette affaire, l’essentiel n’est pas l’intérêt bien compris des agents immobiliers qui ont, il est vrai, bien prospéré depuis la construction du pont.
J’ajoute qu’il ne s’agit pas d’instituer ex-nihilo un péage nouveau mais de maintenir un péage existant sous une forme juridique qui reste à définir et dont l’écotaxe est vraisemblablement la plus simple à mettre en œuvre.
Laureen, Je vous remercie de cette visite inattendue qui honore mon modeste blog.
bien à vous, Marcus.
7 juin 2008 at 23:21
[…] nt demi-tour sur la ligne continue (11/05/2008) Dans mon article du 26 mai 2008 intitulé Maintien du Péage : Entre protection […]
8 juin 2008 at 0:38
laureen oublie une petite chose: en principe, le fait de ne pas pouvoir venir en voiture ne signifie pas de ne pas pouvoir venir du tout. Le problème vient plus des voitures que des personnes (même si il y en a qui pensent qu’ils ont droit de tout faire, notamment, faire du bruit toute la nuit, alors que nous avons besoin de dormir et n’avons pas de climatisation, car NOUS NE SOMMES PAS CHICS).
L’idée de l’île chic est une fausse idée. Nous voulons vivre. Tout simplement. Or, le territoire est petit et soit on en fait une route d’une largeur de 5 kilomètres, sans habitations et sans espaces naturelles, soit le nombre de véhicules doit y être réduit. La meilleure solution serait un vrai transport en commun. Afin que vous (croyez-moi vous êtes plus chics que nous) puissiez venir sans qu’on étouffe. J’en ai marre de devoir monter sur les capots des voitures pour pouvoir franchir la porte d’entrée de mon immeuble.
8 juin 2008 at 0:51
Oui. Et je précise que je ne suis pas propriétaire et ne pourrai jamais le devenir. Et que, passage gratuit ou pas, les prix de l’immobilier ne baisseront pas, parce que l’on n’a pas de terrains pour construire. Je n’ai pas de voiture non plus. Comme ça, je n’ai pas à la garer.
8 juin 2008 at 9:54
Tu as bien raison de rappeler tout cela Marina
Il n’en reste pas moins vrai qu’il est de plus en plus difficile aux salariés de se loger à des conditions économiquement acceptables en raison de la faiblesse du parc locatif à l’année, du déficit et du manque de turn-over dans les logements sociaux où des personnes devenues seules continuent parfois d’occuper des T4 tandis que des familles s’entassent dans des T2.
Cette situation est aussi génératrice de flux de circulation importants. En semaine, autour de 8 heures, la gare de péage est bien souvent encombrée.
8 juin 2008 at 10:16
Bonjour Marcus,
Tu as laissé un commentaire sur notre blog je réponds sur le tien. Cela ne va pas être simple pour tes lecteurs…
Effectivement c’est plutôt courageux de la part de la journaliste de Libé de venir chez toi défendre sa position.
Il est tout de même fascinant que des journalistes puissent venir traiter d’une question complexe de manière aussi légère et aussi convenue.
De même qu’il me fascine que le Phare de Ré puisse lancer une pétition en prétendant que “de toute manière la solution qu’elle qu’elle soit passera devant le parlement”, ce qui est faux. Les décrets d’application de la loi sont écrits et n’attendent la signature du ministre depuis… 2004..(rapport de la commission présidée par Alain Geix)
Or il me semble que D. Bussereau nouveau président du CG 17 est particulièrement bien placé pour faire avancer ce dossier.
Il m’inquiète que le Phare se fasse le porteur d’un message tendant à dire que ce sont les rétais qui doivent se mobiliser alors que la décision est politique : faire payer l’usager ou faire payer le contribuable…
Cela me pousse à croire que le bruit de couloir qui soutient que Belot avait déjà pris la décision (avant son éjection de la Présidence du CG17) de mettre le péage aux alentours de 5 € et aurait un consensus sur le sujet, serait fondé. Et que les cris d’orfraie de Quillet durant sa campagne (15 € minimum, moi vivant !!!) n’étaient qu’électoralistes et que ses “convictions” ne résisteront pas à un joli cadeau du style d’une vice-présidence (celle de Gendre ?) lors au CG lors du remaniement qui suivra les prochaines élections cantonales dans 3 ou 4 ans…
Les Rivedousais ont quelques soucis à se faire… Les Rétais aussi
8 juin 2008 at 12:51
Je ne dirai pas cela du travail de Laureen Ortiz.
Je pense qu’elle a eu raison de souligner le côté chic de l’île de Ré et la tentation élitiste qui fait plus que transparaître dans le public qui assiste aux débats organisés à l’initiative de patrice Raffarin, et que nous autres salariés ou modestes fonctionnaires, avons bien du mal à assumer car elle n’est pas notre réalité. (cf Marina)
Mais c’est vrai aussi qu’il ne faut pas généraliser et résumer l’île à cela est un risque de pollution du débat.
Ré compte encore nombre de petits retraités et de salariés qui n’ont plus la vie aussi belle qu’autrefois je trouve. Penser par exemple qu’il n’y a pratiquement plus de gardiens de prison logés sur l’île est assez emblématique de la situation présente.
Là où je ne suis pas d’accord avec elle, c’est lorsqu’elle écrit dans son commentaire : “le trafic n’est pas un drame absolu: le nombre de passages sur le pont a doublé depuis sa création, et l’île est toujours aussi belle et agréable.”
Il faudrait regarder les choses plus finement, et intégrer aussi tous les aménagements qui se sont avérés nécessaires et qui n’était pas prévus dans le schéma directeur routier, preuve de la dérive.
Au plan juridique, s’il s’agit Alain de déplafonner l’écotaxe, il faudra alors repasser devant le parlement. S’il s’agit d’instituer un péage en tant que tel dans le cadre de la loi relative aux responsabilités locales de 2004 et du code de la voirie routière, il faudra en effet ce décret. Mais il y a encore pas mal d’incertitudes sur le sens de la loi qui tiennent, selon moi, à l’exigence d’une gestion déléguée de l’ouvrage, ce qui n’a pas été pas le cas pour le pont de Ré.
Bon, voyons la politique maintenant. L’époque du Président Belot est révolue et à bien des égards celle de Léon Gendre aussi. Nous verrons bien ce qu’il adviendra. Pour autant je considère comme déterminante la position de Maxime Bono dans ce débat. Il doit être tout à fait conscient des retentissements négatifs que pourraient avoir sur l’agglomération, la rocade notamment, une politique du chien crevé au fil de l’eau qui laisserait 2012 venir sans rien faire.
Enfin, mais c’est un avis tout personnel, celui qui a pris une réelle dimension politique sur l’île, c’est Patrice Raffarin qui a pris l’initiative d’organiser les débats publics avec les citoyens et qui se retrouve par ailleurs 1er vice-président de la CDC.
8 juin 2008 at 15:26
marcus, mais les problèmes des retraités (qui ne sont pas tous assujettis à ISF) et des salariés, et du logement ne viennent pas du fait que l’île veut rester chic: c’est le contraire, elle veut rester simple, mais elle devient chic. Dans le commentaires à l’article j’ai lu des choses comme “les pauvres qui puent arrivent…”. Mais les vrais pauvres n’arrivent pas en 4×4.
En réalité, il faut se battre sur le terrain des transports en commun. Car tous ces messieurs- dames parisiens oublient en peu trop vite qu’à Paris on peut, si les bouchons sont importantes, prendre le métro. Ce n’est pas le cas ici.
Enfin, j’interdirais purement et simplement des voitures particulières sur Ré, mais mettrais en place en vrai transport collectif. Ainsi le problème de péage ne se poserait plus.
8 juin 2008 at 16:17
Marina, les rétais eux-mêmes ont largement contribués à l’explosion immobilière et à la spéculation foncière sur l’île de Ré en se dépossédant de leurs bien. Il y avait bien un syndicat mixte opérateur foncier de l’île de ré (le SMOFIR) qui aurait pu permettre si les élus l’avaient voulu de prendre la main mais ce syndicat qui existe toujours est en réalité mort né.
De toutes les manières, les transports en commun ne pourraient pas circuler dans les encombrements, sauf à imaginer des voies en site propre (dédiées uniquement au transport en commun) dont on n’a pas les emprises et dont la réalisation serait juridiquement contredite par le classement des sites et les espaces remarquables déterminées au titre de la loi littoral. Si l’île dispose d’un réseau de piste cyclable, c’est qu’elle a bénéficié des emprises des routes départementales d’une part, et des chemins de remembrement. Faire aujourd’hui un kil de piste cyclable est devenu très difficile aujourd’hui. Alors de nouvelles voies ?
La suppression de toute circulation n’est pas envisageable sur un territoire de cette dimension. Elle serait en outre très pénalisante pour de nombreuses activités. Ré n’est pas l’île d’Aix.
8 juin 2008 at 17:13
Attention! J’ai bien dit “voitures particulières”, pas “toute circulation”. Maintenant cela vous paraît bizarre, mais je me souviens des gens qui rigolaient quand je disais qu’il serait intéressant de se déplacer à Paris à vélo. Et louer des vélos pas cher. Ils rient toujours? Non.
Quant à se déposséder des biens, je connais trop bien le sujet. De fois on est obligé de vendre. Seulement, la quantité des biens à vendre sur l’île est énorme. Alors que les prix augmentent toujours. Ce qui est rare est cher, mais avec une offre aussi pléthorique, l’immobilier n’est pas rare ici. Pourquoi est-il si cher?
8 juin 2008 at 17:17
P.S.: un prix élevé du passage de pont et un prix bas du bus — voilà qui permettrait aux bus se faire un chemin sans encombrements. Évidemment, 5 euros 20 aller simple en bus par personne multiplié par le nombre des personnes c’est toujours plus cher que le pont. Les horaires? Avec Aunis-Saintonge c’est un horreur!